‹ La théorie de l'évolutionChapitre 51 sur 85 · APP · texte numérisé non relu

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en général, les mouvements rythmiques dépendent plus ou moins dans leur forme des corps qui les conçoivent, de sorte que là variété des parties entraine la variété des mouvements, Et plus la différenciation des parties est détinie et ordonnée, plus aussi leurs mouvements présenteront les mêmes caractères.

Il est à peine besoin d'exposer la confirmation inductive de ces conclusions. Le mouvement confus de la nébuleuse primitive a été remplacé par des mouvements ottement distincts et diflérents en même temps que s'intégraient les astres de notre système.

A la surface du globe les mouvements de convection de fluides et les mouvements de la température sont devenus plus distincts et plus réguliers en même temps que plus multiformes, à musure que les éléments se sont séparés d’une manière stable et que leurs limites se sont compliquées.

Dans les organismes tant individuels que collectifs, il y à intime corrélation entre la structure des organes et la fonction qu'ils exercent. Or la première est le résultat de la redistribution de la matière, tandis que la seconde n'est autre chose que le mouvement propre qui leuy est attribué ; elle est donc le résultat de la redistribution du mouvement.

On peut considérer l’évolution des organismes au point de vue statique ou plastique ; c’est ce que nous avons fait précédemment ; ou bien on peut les envisager au point de vue dynamique ; c‘est ce que nous faisons en ce moment. Puisqu’il y a connexion étroite entre l'organe et la fonction qu'il exerce, la loi d'évolution sera nécessairement la même de part et d'autre. En effet, il n’est pas difficile, lorsqu'on compare entre eux les organismes inférieurs et supérieurs, de constater chez ces derniers des mouvements beaucoup plus diversifiés et en même temps plus définis et mieux ordonnés. Spencer met en parallèle les mouvements peristaltiques du système digestif qui chez

les animaux inférieurs s’exécutent uniformément en rythmes

mal définis le long du canal tout entier; tandis que chez

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les vertébrés supérieurs, la bouche, l'œsophage, l'estomac, l'intestin, le rectum exécutent ces mouvements chacun d’une façon différente par des rythmes bien définis et parfaitement coordonnés. Il en est de même si nous considérous les sécrétions qui S'y produisent.

Le progrès des manifestations intellectuelles chez l'homme, qu'on considère soit lindividu, soit la race, marque, comme nous l’avous dit, une multiformité en même temps qu'une précision et une Coordination croissantes, indices d’une évolution parallèle aussi bien dans la structure du système cérébral que dans les fonctions qui s'y exercent.

Les mouvements qui s'accomplissent dans une société ne sont autre chose que laccomplissement des différentes fonctions sociales ; et ces dernières sont corrélatives à l’organisation sociale qui va s’intégrant, se diversifiant et se précisant, comme il à été dit. \

La redistribution du mouvement est un phénomène qui accompagne l’évolution composée ; elle ne se rencontre que chez les êtres qui présentent une mobilité notable des parties et en même temps une stabilité suflisante pour réaliser une structure définie ; la différenciation du mouvement est dépendante de la différenciation de structure, comme nous l'avons vu.

Dès lors, la redistribution du mouvement a lieu principalement et presque exclusivement dans les organismes, soit individuels, soit collectifs. Ce n’est guère que chez eux qu'on trouve des fonctions proprement dites, si lon entend par ce mot des mouvements non seulement différents, comme ceux qui se passent, par exemple, dans l'atmosphère, mais encore bien délinis et coordonnés.

Il est intéressant d'observer aussi dès à présent, quoique Spencer doive nous fournir plus tard l'occasion de toucher ce point, qu'arrivé à l’âge adulte, l'organisme ne présente plus guère de redistribution nouvelle ni.de matière ni de mouvement; mais que néanmoins la redistribution de l'une et de l'autre se poursuit sans cesse, suivant le mode déterminé par la structure organique.

L'énergie dépensée par les êtres vivants, surtout par les

animaux, est empruntée directement aux aliments qu'ils se sont assimilés et qui font partie intégrante de leurs organes. Pour qu'ils puissent continuer à vivre, il faut que la matière qui est éliminée, après avoir cédé l’énergie qu'elle contenait, soit remplacée sans cesse. Il se produit ainsi chez les animaux, et mème chez les végetaux quoique à un moindre degré, une circulation de matière et de force, c’est à dire une redistribution de matière et de mouvement qui se distingue de l’évolution proprement dite en ce qu’elle ne comporte pas de changements de structure appréciables. Néanmoins ce phéno-

mène se rattache étroitement à l’évolution, parce qu'il

en est en quelque sorte laboutissement. Ce que nous venons de dire de lorganisme vivant, le lecteur le transportera facilement, mutatis mutandis, à l'organisme social.

Si nous reprenons ici la division que nous avons établie plus haut pour l'intégration en considérant les forces qui la déterminent, nous nous apercevons qu'il n'y a plus lieu de distinguer d'autre action que celle des forces intérieures ou extérieures à l’agrégat, puisque celui-ci est supposé constitué, lorsqu'on envisage les redistributions secondaires de matière et de mouvement.

Ces redistributions seront donc naturelles, artiticielles ou mixtes suivant qu’elles seront dues à l'influence des forces intérieures ou extérieures, où que les unes S'y combineront avec les autres.

Dans la construction d’un éditice, on peut distinguer la redistribution primaire qui comprend ladaptation convenable des parties les unes aux autres, etles redistributions secondaires qui consistent dans l’appropriation des différents appartements à l’usage spécial qu’on leur réserve ou dans lornementation de détail. Les secondes comme fa première sont artificielles.

Naturelles au contraire, sont, presque sans restriction,

a loi d’évolution amendée.

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les redistributions secondaires d'un organisme physique, ou même d’une société, aussi bien que leur intégration.

La production des variétés d'une plante cultivée constitue au sein de l’espèce une redistribution secondaire qui est artificielle, du moins en bonne partie, tandis que l'intégration, c’est à dire la multiplication de l’espèce, est naturelle. |

Si l’on veut avoir une connaissance convenable d’une évolution quelconque, il est extrêmement important de déemêler les forces qui interviennent dans les phénomènes souvent fort compliqués dont elle se compose: Nous aurons l’occasion d’insister encore sur ce point.

Nous pouvons maintenant comme conclusion de cette partie de notre étude énoncer la loi d'évolution, après avoir fait observer encore une fois qu'il y est question de l'évolution des êtres matériels en tant qu’elle est une redistribution de matière et de mouvement. La formule de Spencer a été donnée plus haut; les remarques que nous avons faites demandent qu'elle soit légèrement modifiée. Nous dirons donc : L'évolution est une intégration de matière exigeant souvent uue perte de mouvement et entrainant en tous cas une perte de mobilité des éléments intégrés ; pendant cette intégration la matière passe d'un état d'homogénéité incohérente, indéfinie et confuse à une hétérogénéité | cohérente, définie et ordonnée ; et le mouvement subit une trans/ormation analogue.

Dans l'édition de 1900, Spencer modilie la formule de l’évolution en disant qu'elle est un procès « pendant lequel la matière passe d’une homogénéité relativement indélinie et incohérente à une homogénéité relativement définie et cohérente, » (1) Dans sa pensée la restriction : relalivement, s'applique aussi à lPhomogénéité et à l'hétérogéneité.

Il résulte de tout ce que nous avons dit, que la loi

d'évolution doit s'entendre de cette manière et qu’elle ne peut s’interpréter autrement. Spencer en fait lui-même la remarque ; il n’introduit le correctif que pour éviter des malentendus.

Une hétérogénéité absolue ou absolument définie et cohérente est inintelligible : un agrégat peut toujours devenir plus cohérent et défini. |

Nous avons déjà dit et nous répèterons encore que la doctrine de l’évolution ne peut pas résoudre la question d'origine première. L'évolution part nécessairement d’une situation déterminée de l’agrégat matériel. Il n'y a aucune raison ni « priori ni a porteriori de se représenter cet état sous la forme d’une homogénéité absolue, ubsolument indéfinie et incohérente., L'on ne voit même pas comment une telle situation pourrait être le point de départ d’une évolution déterminée.

Nous pouvons donc conserver la formule telle que nous l'avons énoncée,

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