‹ La théorie de l'évolutionChapitre 55 sur 85 · HORS · texte numérisé non relu

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obligatoires ou libres qui englobent leurs membres, leur dépendance mutuelle montrent, dans l’ensemble et dans les parties, l'existence des procès d'intégration et de coordination.

On peut y observer aussi de curieux phénomènes de convergence ; telle l'union renouvelée, par une adaptation plus complète au but, des fonctions de médecin et de chirurgien qui s'étaient d'abord séparées, la première demeurant plus ou moins une attribution du clergé ou restant sous sa dépendance, la seconde tombant aux mains des barbiers. Les progrès de l’une et de l’autre exigeant la même préparation et impliquant fréquemment leur coopération mutuelle, elles se sont trouvées réunies, jusqu’à ce que la spécialisation des fonctions médicales qui s’aflirme de plus en plus les sépare de nouveau,

Spencer étudie l’évolution des fonctions écclésiastiques, telles qu'elles sont, sous une forme ou sous une autre, communes à tous les peuples. Confondues à l'origine avec les fonctions politiques, elles s'en isolent peu à peu ; les prêtres constituent un corps social séparé dont les les fonctions se précisent, s'organisent et fournissent ainsi un exemple de la loi.

En ce qui concerne le Christianisme,les fonctions ecclésiatiques ont été dès l’origine entièrement séparées des fonctions politiques. Il est vrai que, pendant le Moyen-Age, souvent uu pouvoir politique plus ou moins étendu s’est trouvé réuni dans une même personne avec le pouvoir sacerdotal, notamment chez les évêques et les abbés ; mais les deux pouvoirs n’en restèrent pas moins distincts et relevaient chacun d’une autorité souveraine différente. De sorte qu'il faut considérer cette union ou cette confusion des char-

ges, non pas Comme une situation normale et universelle,

mais bien plutôt comme le résultat nullement général de

circonstances historiques variables d’un endroit à l’autre. Spencer lui attribue une importance exagérée.

Il est vrai que certains prélats étaient en même temps princes temporels ; des cleres peuvent avoir exercé des fonctions politiques ou militaires ; mais il n°y avait pas d'union

a loi d'évolution n morale.

régulière entre les attributions ecclésiastiques et profanes. Si Richelieu a dirigé la politique de la France sous Louis XIIT, comme Spencer le rappelle, (1) on aurait néanmoins tort d’y voir une relation quelconque entre les fonctions de premier ministre et la dignité cardinalice. Tout ce que l’on peut dire, c’est que ces liens personnels et accidentels entre les fonctions civiles et religieuses sont devenus dans la suite de plus en plus rares et qu'il faut voir dans cette circonstance une application de la loi de ségrégation.

Spencer appelle conduite l’ensemble des mouvements d’un individu vivant, en tant qu'ils sont dirigés vers un but. Le philosophe anglais donne ainsi à ce mot une signification beaucoup plus large qu’on ne le fait d'ordinaire. D'habitudé on réserve ce terme à l’homme et encore ne s’applique-t-il à proprement parler qu'à ses actes libres. La définition de Spencer pourrait ‘à la rigueur s’interpréter dans ce sens restreint. En eflet, quoique tous les êtres vivants posent des actes qui sont dérigés vers une fin, cependant tous ne les y dirigent pas eux-mêmes. Pour diriger ses actions il faut en être maitre, et pour qu'un individu soit maître de ses actions. il faut qu’elles ne soient pas rigoureusement déterminées par sa nature et les circonstances où il se trouve, en un mot, il faut: la liberté. Il n'y à pas de place pour la liberté dans le mécanicisme de Spencer et c’est une raison de plus pour ne pas admettre cette théorie qui se trouve ainsi en contradition avec la conscience et avec le sens commun.

Seuls les actes libres sont l’objet de la Morale dans le sens où l'on emploie habituellement ce mot. (2) La liberté d'une action est toujours supposée, lorsqu'on la proclame bonne ou mauvaise. Nous n'avons pas à

(4) Principes de Sociologie. Trad. CAZELLES. Paris 1887 L. IV p.143 $ 631 (2) ef Hasseux, L'évolutionisme en morale. Paris 1901 p. 143 sq.

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