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III. Les nouvelles espèces possèdent d'emblée leur constance parfaite. -
IV. Quelques unes des nouvelles lignées sont évidemment des espèces élémentaires, tandis que d’autres doivent être considérées comme des variétés.
V. Les espèces nouvelles sont produites dans un grand nombre d'individus.
VI. Les mutations n’ont rien de commun avec les fluctuations ; et ces dernières Sont incapables de donner de nouvelles formes stables.
, “VII. Les mutations se produisent sans direction déterminée. (1) Le rôle de la sélection naturelle consiste à faire dis-
paraître les formes qui sont inaptes ou qui sont les moins
aptes à vivre dans les conditions ou elles sont nées. De Vries la compare à un crible très large par lequel s’'échappent la plupart des productions naturelles, tandis que, en général, un petit nombre sont conservées.
Ce qui constitue le mérite de la théorie de De Vries, c'est qu'elie repose sur l'analyse consciencieuse des faits observés par lui, notamment des mutations de Oenothera Lamarckiana qui produisit sous ses yeux plusieurs espèces élémentaires nouvelles, Dans la pensée de son auteur,
cette théorie s'applique aussi au règne animal. Elle n'y
a pas cependant été vériliée jusqu'ici, quoiqu'on y signale également des indicis de variations brusques,. (2)
Thomas Hunt Morgan fait remarquer que les faits observés par De Vries ne permettent pas d’aflirmer que les mutations Se font dans des directions quelconques.
- Au contraire leur nombre restreint tend plutôt à faire
admettre la conclusion opposée. (3) Si les théories que nous venons de passer en revue ont quelque vérité — et il semble difficile de ne pas le
(4) Pp. 558 — 570.
(2) Cf. WASMANN. Die moderne Biologie und die Entwicklungslehre Fribourg en Brisgau 1904 p. 237.
(3) Op. cit. p. 292.
reconnaitre,— il faut en conclure que l’évolution des formes vivantes ne doit pas être conçue comme n'étant qu'une adaptation continuelle aux circonstances extérieures, ainsi que le voudrait Spencer, mais qu'au contraire elle est largement indépendante de ces circonstances et gouvernée principalement par des tendances internes.
Nous avons ainsi signalé les causes certaines ou probables de l’évolution organique. La conformité de cette évolution avec les lois générales a été montrée au commencement du chapitre précédent. Elle -est donc soumise, de même que l’évolution des corps inorganiques,. des sociétés humaines, des institutions, des langues, des sciences et des arts, de tous les agrégats naturels ou artificiels à des lois particulières qui ne contredisent pas lès lois générales, qui mème leur sont subordonnées en ce sens que leurs eflets s’y conforment, mais qui n’en sont pas cependant de simples corollaires. La recherche de ces lois particulières est l'objet des sciences spéciales ; mais l'importance de l’évolution organique est tellement prépondérante qu'il était impossible de ne rien dire de ses lois propres, même dans une étude générale.