IL — LA SÉLECTION NATURELLE COMME FACTEUR GÉNÉRAL D'ÉVOLUTION
Analyse de la sélection naturelle. — La sélection naturelle dans le monde inorganique. — La sélection naturelle dans l'évolution individuelle, — La sélection naturelle dans l'ordre social. — Insuffisance essentielle de la sélection naturelle.
Dans le paragraphe précédent, nous avons énuméré parmi les facteurs de l'évolution organique la sélection naturéelle, Au chapitre XII des Principes de Biologie, Spencer
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expose son eflicacité, mais en même temps il fait voir, au moins en partie, son insuffisance.
Trop souvent on confond la sélection naturelle avec l’évolution elle-même. Comme celle-ci est un phénomène général, nullement restreint au règne organique, ainsi qu’il résulte de la présente étude, l'on a parfois attribué à la sélection naturelle une efficacité également étendue ; quelques uns même en ont fait la cause unique et universelle de toute évolution, Ce que nous avons dit pour restreindre son rôle dans l'évolution des espèces vivantes suffit pour écarter cette conception outrée. Mais il ne sera pas inutile d'examiner si l'influence de la sélection naturelle doit être limitée à l’évolution organique, ou si, au contraire, on peut lui reconnaitre une action dans toute évolution et la ranger, par conséquent, parmi les causes générales de ce procès.
C'est à Darwin, Spencer le reconnaît expressément, que revient l'honneur d'avoir montré l'importance de la sélection naturelle dans le développement des êtres vivants. « La survie des plus aptes, dit-il, que j'ai cherché à exprimer en termes de mécanique, est ce que Darwin à appelé sélection naturelle ou conservation des races favorisées dans la lutte pour la vie, Une opération de ce genre se révèle dans tout le règne organique. Le grand ouvrage de Darwin sur l'Origine des Espèces l'a prouvé de manière à satisfaire presque tous les naturalistes. » (1) Cependant, même dans la dernière édition des Premiers Principes, la sélection naturelle ne figure pas parmi les causes générales de l’évolution. Spencer se contente de la signaler comme une interprétation particulière du principe d’après lequel le mouvement se fait suivant la ligne de moindre résistance. « Au point de vue dynamique, dit-il, la sélection naturelle implique des changements le long des lignes de moindre résistance. La multiplication d’une espèce de plante ou d’ani-
. mal dans les localités qui lui sont favorables, est une crois-
sance au point où les forces antagonistes sont moindres
(1) Princ. de Biol. vol. 1 p. 539 $ 165.