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qui est absurde parce que laugmentation suppose des limites ; ou bien la quantité de la force devient limitée par la soustraction qu'on y à faite et alors il faudrait conclure que la somme de deux quantités finies donne l'infini.
L'étude du connaissable rejoint, d’après Spencer, la
réalité conclusion qui affirme l’existence de l’Inconnaissable au
fond dés choses : « Nous avons dit, dit-il, que la croyance en un pouvoir dont on ne peut concevoir les limites dans le temps ni dans l’espace, est l'élément fondamental de la Religion, élément qui survit à tous les changements de forme qu’elle peut subir... Cette conscience invincible, où la Religion et la Philosophie donnent le main au sens commun, est aussi, nous l'avons démontré, celle qui sert de base à la Science.
« Nous avons vu que la science subjective ne peut ren-
dre aucun compte des modes conditionnés d'existence qui constituent la conscience, sans supposer l'existence d’un être inconditionné. Nous avons vu encore que la science objective ne peut pas expliquer ce que nous appelons le monde extérieur, sans regarder ses changements de forme comme des manifestations de quelque chose qui demeure constant sous toutes les formes. C'est encore à ce postulat que se ramène la synthèse que nous ve- mons d’édifier. La reconnaissance d’une force persistante, qui varie toujours ses manifestations, mais qui conserve la même quantité dans le passé comme dans Favenir, nous permet seul d'interpréter chaque feit concret, et en définitive nous sert à unifier toutes les interprétations concrètes. » (1) |
L'Inconnaissable n’est donc pas autre chose que la force qui se déploie sous mille formes dans l'Univers.
(A) P. P. p.592 $ 191. — F. P. p. 443. Spencer a modifié plus tard la rédaction de ce passage, mais l’idée reste la même.
Cette conception accentue lincohérence qui consiste à déclarer inconnaissable une chose dont on aflirme lPexistence et à laquelle on attribue des caractères définis.
Nous allons reprendre brièvement, en les confirmant, les arguments qui nous empêchent de souscrire à la synthèse d’après laquelle de la persistance de la force dériveraient toutes les lois des phénomènes matériels.
1. Quoiqu'on puisse employer le mot force au singulier pour désigner l’ensemble de toutes les forces physiques, chimiques et physiologiques; il ne faut pas oublier que dans létat actuel dé nos connaissances, “elles nous apparaissent comme de nature différente. Certains théoriciens espèrent peut-être que toutes seront un Jour reconnues comme des manifestations variées d’une seule force primordiale. Mais ce n’est qu’une. vague conjecture. En tous cas il sera impossible d'identilier la force vive avec les forces qui ne consistent pas dans un mouvement. Il ny a donc aucune unité objective qui correspond à l'emploi du mot force au singulier. |
2. Les forces que nous connaissons -ne sont pas persistantes, mais elles varient suivant des lois constantes. Une des principales de ces lois est la conservation de l’energie au moins dans le monde inorganique. L'énergie ellemème n'est pas unique ; elle se compose de deux éléments distincts : l'énergie vive et l'énergie potentielle. Il est vrai que la perte de l’une correspond toujours à un gain équivalent de l'autre. Mais, rigoureusement parlant, il est inexact de dire que l’une se transforme en l’autre, quoique cette expression soit reçue.
La plupart des phénomènes physico-chimiques ne sont que des phénomènes de mouvement, même ceux qui ne se manifestent pas comme tels à l'expérience directe. Mais les forces qui les déterminent peuvent être très variées, Toutes sont soumises à la loi de la conservation de l’énergie, mais, à proprement parler elles ne se transforment pas l'une en l'autre, Ainsi laflinité chimique détermine, au moment de la combinaison, un courant électrique suffisant (sauf les pertes d'énergie) à déterminer le phénomène