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chimique inverse. Mais, à parler rigoureusement, l’aflinité chimique ne se transforme nullement en courant électrique.
Une pierre suspendue à cent mêtres de hauteur tombe sur le sol et-s’arrête. A partir de ce moment, l'attraction terrestre existe aussi bien qu'auparavant, mais la situation du mobile n’est plus telle que cette force puisse produire encore le même mouvement. Une quantité d'énergie potentielle a donc disparu. Au moment où la pierre s’est arrêtée, elle s’est échauffée ainsi que le sol: nouvelle forme équivalente d'énergie. Dans ce phénomène, ce n’est pas l'attraction terrestre qui s’est transformée en chaleur,
La conception d’une force unique subissant de continuelles transformations ne repose donc sur aucun fondement.
3. Ni la force, ni le mouvement ne peuvent exister sans le mobile sur lequel la force s'exerce et dans lequel elle produit le mouvement. L'expérience nous apprend aussi que, d’une façon générale, les forces ont des mo-
“biles comme siège. Le mobile est un être étendu qui est
le siège du mouvement, le siège et le terme de laction des forces, mais qui ne peut être confondu ni avec la force ni avec le mouvement. La conception de la force comme réalité unique n’est done pas admissible.
4. La suite des phénomènes dépend de la nature et de l'intensité de toutes les forces qui y interviennent et d’une situation qu'on considère comme point de départ. Or, tous ces éléments sont contingents. [Is se présentent de fait sous. telle forme, mais ils pourraient se présenter sous une forme différente, C’est done une vaine tentative que de vouloir déduire tout l’ordre naturel d’un principe qu’on considère comme absolu, tel que la persistance de la force. Ce principe fût-il admis, il serait encore évident que les phénomènes seront différents suivant la nature et l'intensité de la force, suivant la situation et la masse des corps sur lesquels elle agit.
C’est un grave défaut de la métaphysique de Spencer que labsence complète de l’idée de contingence. Quoiqu'il ne le démontre jamais, il suppose toujours {acitement que
tout est nécessaire. Un principe unique s'impose, d’après lui, à l'intelligence et de ce principe tout découle par une conséquence inévitable ; la loi d'évolution n'est une partie de la philosophie que si on démontre qu’elle est une conclusion nécessaire du premier principe et We en est de même de toute autre vérité.
Il est vrai que Spencer part de certaines données : le moi et le non moi, l’espace, le temps, la matière, le mouvement, la force. Mais outre que ces données sont insuffisantes comme point de départ d’une conception déterminée de l'Univers, Spencer les considère comme des manifestations de l’Absolu et n’envisage jamais l'hypothèse de leur contingence.
En outre, pour lui, la force est le « principe des principes », la matière et le mouvement n'étant que des manifestations de force, l'espace et le temps les conditions de ces manifestations ; (1) et la persistance de la force est la seule raison fondamentale de tous les phénomènes. Nous croyons avoir le droit d'affirmer que cette synthèse n'est qu'une illusion.
Spencer termine en protestant qu'on ne peut pas légitimement dire de sa philosophie qu’elle est matérialiste. Nous ne reviendrons pas sur cette question sur laquelle nous nous sommes suffisamment expliqué plus haut.
(0 PP, p. 179 $ 60, — F,. P, p. 132.