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est une vraie cause, une cause que nous voyons habituellement en action, et que les résultats qu'on peut en conclure sont en harmonie avec les phénomènes que présente la création organique, aussi bien dans son ensemble que dans ses détails. » (1)
Quant à la forme d'évolution que Spencer développe dans les Premiers Principes, lui-même s'est chargé d'en expliquer. la genèse: «C'est en 1852, dit-il, que j'ai connu la-manière dont Baer exprimait ce principe géneral » (que tout organisme, pendant son évolution, passe d’un état d’homogénéité à un état d'hétérogénéité) « L'uni- . versabilité de la loi a toujours été pour moi un postulat emportant avec lui la croyance correspondante, tacite sinon avouée, de l'unité du procédé dans toute la nature... La première expression systématique de l'idée que l'operation de transformation qui se fait dans tout organisme en voie de développement, se fait aussi dans toutes les choses, se trouve dans un essai sur {le Progrès, sa loi et sa cause, que j'ai publié dans The Westminster Review, avril 1857, Le présent chapitre reproduit Ja substance et une partie de la forme de fcet essai. Mais je dois dire que j'y commettais une erreur que j'ai répétée dans la première édition de cet ouvrage: je supposais que la transformation de l'homogène en hétérogène constitue l'évolution ; nous venons de voir que cette transformation constitue la redistribution secondaire qui accompagne la redistribution primaire dans lévolution dite composée, ou plutôt que, comme nous le voyons maintenant, elle constitue la partie la plus remarquable de cette redistribution secondaire. » (2) |
En fait cet article de The Westminster Review (3) con- tient déjà la plupart des idées maîtresses des Premiers
(4) Principes de Biologie vol 1 p. 540 $ 1635. — cf. P. P. p. 479 — F. P. p. 362, note.
(2) P. P. p.p. 359-360 — F. P. p. 270, note.
(3) L'article a été repris dans Æssais de Morale, de Science et d'Esthétique par H. Spencer, traduits par Burdeau, vol. 1, Paris 1891.
Principes. Spencer part de la notion de progrès dans les corps vivants : transformation de l’homogène en hétérogène (Goethe, Wolff, von Baer). Cette conception se généralise d'elle-même. L'auteur lapplique aux phénomènes cosmogoniques, géologiques, biologiques, sociaux, au langage, aux sciences, aux arts.
Quelle est la cause de cette différenciation croissante ? C'est que tout agent produit plus d’un effet, ou mieux : que tout changement engendre plusieurs changements. La complexité des effets d’un agent est proportionnelle à la complexité du milieu sur lequel il exerce son activité. Dans une note, Spencer indique le principe de l’instabilité de l’homogène,
Le progrès est l'effet d’une bienfaisante nécessité, En disant cela nous n'’atteignons pas la cause métaphysique, substantielle du progrès. Au contraire, par nos études nous voyons de mieux en mieux que cette cause est inaccessible. Ainsi la science fortifie la Religion.
Cette dernière réflexion dont le développement ne prend guère que deux pages est devenue la première partie des Premiers Principes. Nous avons vu comment, dans la seconde partie, s’est complété le concept du progrès ou de l’évolution et la connaissance de ses causes.
Spencer a écrit en 1864 et publié à part en 1884 quelques pages pour contredire ceux qui le présentent comme un disciple de Comte. (1) Dans d’autres endroits de ses ouvrages (2) il proteste contre cette manière de voir, et l’on doit reconnaitre qu’à envisager l’ensemble de la doctrine de Spencer, elle n’est pas fondée. Cependant le passage que nous avons cité (p. 116) et toute la théorie de Spencer sur la prétendue épuration des doctrines religieuses par la Science offre une incontestable analogie avec la doctrine du philosophe français. Aussi, dans l'écrit mentionné plus haut, Spencer insiste-t-il avant tout sur les différences
(4) ÆReasons for dissenting from the philosophy of M. Comte. Londres 1884, (2) ef, Principes de Biologie vol, 1 p. 89 $ 27 en note,
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