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Science et Méthode, p. 64 sqq

CRITIQUE DE L\ THÉORIE DE l'iIOMME MOYEN PHYSIQUE 51

ce serait une complication infinie. — Mais, demanderons-nous, une pareille indétermination est-elle réelle ?

Nous n'entendons point par là que les mots petit, et complexe, désignent des notions relatives. « Le mot de très petit reste relatif, dit M. Poincaré, mais il est relatif à l'état actuel du monde. Il changera de sens quand le monde sera devenu plus uniforme, que toutes les choses seront mélangées plus encore... De sorte que notre critérium, restant vrai pour tous les hommes, conserve un sens objectif. » De même le critérium de la complexité reste objectif « parce que tous les hommes ont à peu près les mêmes sens, que la puissance de leurs instruments est limitée, et qu'ils ne s'en servent d'ailleurs qu'exceptionnellement ^ » Sur tous ces points nous serons d'accord avec M. Poincaré. Mais il nous semble, d'une part, que les effets, si l'on n'en retient (comme nous y invite la théorie) que l'aspect physique, ne sont point si grands, relativement aux causes, qu'on nous dit, et que, d'autre part, la petitesse des causes ne signifie pas grand chose, si on ne rattache pas cette idée à un ensemble d'autres notions.

Dans l'exemple de la roulette, à une variation infiniment petite de la cause (l'impulsion) correspondrait un changement considérable dans l'effet. Mais l'effet, c'est l'arrêt de la boule sur une noire, ou sur une blanche : différence infime. Quant au gain, ou à la perte, même si on n'en retient que le transport d'argent d'un endroit à l'autre, il est lié à l'arrêt de la boule en une case ou l'autre par une convention : on sort, réellement, du système des causes efficientes, pour

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