Lettres, etc., p
que toujours ces deux espèces de forces ont mêlé leur action, car l'homme n'a jamais été sans intelligence, et c'est comme être intelligent qu'il est capable d'influencer (faiblement) les forces naturelles ^ Mais son action, précisément parce qu'elle est médiocre, se peut assimiler à ces causes accidentelles dont l'influence disparaît à mesure qu'augmente le nombre des observations. Dans l'étude des lois de la population, des naissances et des décès, où la volonté de l'homme intervient le moins, ce sont bien les principes conservateurs, les lois de la nature, que les statistiques permettent d'atteindre.
Nous n'insisterons pas sur les divers points de vue d'où il a envisagé la natalité ^ Malthus a certainement exercé sur lui une assez grande influence. Il croit pourtant que la résistance à la tendance à s'accroître, dans une population, augmente, toutes choses égales, comme le carré de la vitesse avec laquelle elle se développe. Mais, dit Hankins, « il ne présente ni données, ni arguments, pour appuyer cette conclusion, et il ne précise pas le sens de : toutes choses égales ; le théorème n'est donc pas démontré ». Il a cru qu'il y avait un rapport constant entre les naissances et les décès, que le chiffre de la population était déterminé par la
i . « L'homme possède encore en lui des forces morales qui lui assurent l'empire sur tous les autres êtres de l'univers, mais dont la destination nous restera probablement inconnue à jamais. C'est par la possession de ces forces morales que Ihomme se distingue des animaux, qu'il jouit de la faculté de modifier, du moins d'une manière apparente, les lois qui le concernent, et que peut-être, en déterminant un mouvement progressif, il tend à se rapprocher d'un état meilleur. » Recherches sur la loi de la croissance.
2. Sur les naissances, les décès et les mariages, d'après Hankins, il a apporté peu de conclusions neuves pour l'époque.
l'homme moyen physique : natalité et mortalité 73
quantité des subsistances. Mais il n'en a pas apporté <le preuves décisives '.
Plus intéressantes sont ses recherches sur la natalité aux diverses époques de l'année. Il avait indiqué de bonne heure ^ qu' « à l'époque où le nombre des degrés de l'échelle thermométrique est le plus fort (juillet), le nombre des naissances et des décès est le plus faible, et réciproquement ». Plus tard, dans sa Physique sociale, il rappelle ces recherches, d'où il résultait « que le nombre des naissances et celui des décès croissent et décroissent alternativement dans le cours d'une année, et que ces nombres atteignent leur maximum vers janvier pour les décès et vers février pour les naissances : leur minimum se présente environ six mois après, en juillet^ ». Ces résultats valaient pour Bruxelles. Villermé montra que les époques du maximum et du minimum avançaient ou retardaient « selon les climats et les habitudes des peuples* ». De toute façon, il faut reconnaître que la
1. « Une grande mortalité doit entraîner une moindre fécondité <ies mariages, parce que les mariages en deuxième et troisième noces se multiplient davantage, et que la durée des mariages en devient généralement moindre. » Mais, en réalité « le nombre des naissances est réglé par le nombre des décès. Ceci confirme pleinement les idées des économistes qui admettent que la population tend toujours à prendre un certain niveau déterminé par la quantité des produits. Dans les localités où existent des causes particulières d'une mortalité plus grande, il doit se faire que les générations sont moins longues et se succèdent plus rapidement ». Physique sociale, livre II, chapitre v, p. 291.