Ibid., p
i/homme moyen moral 113
L'influence des habitudes sédentaires de la femme se manifesterait surtout dans les cas où ni la force, ni la pudeur n'interviennent, comme dans les vols, les faux témoignages, les banqueroutes frauduleuses : le rapport de ces crimes commis par les hommes à ceux que commettent les femmes serait de 1 à 5 ou 6. L'influence de la force, dans les cas où ni les habitudes sédentaires, ni la pudeur ne sont à invoquer, doit être proportionnelle à la force même de l'homme et de la femme : le rapport de ces forces est comme 1 est à 2, à peu près : c'est le rapport qui se relève pour le parricide. Dans certains crimes, il faut tenir compte à la fois de la force et de la vie plus retirée de la femme : tels sont l'assassinat, ou le vol sur un chemin public :
il faut alors multiplier le rapport de sa force (à celle
de l'homme), soit -^ , par le rapport de son degré de
dépendance (à celui de l'homme), soit-^, ce qui
donne -rjr- , pour obtenir le rapport attendu du nombre
des crimes de ce genre qu'elle commettra à ceux dont
l'homme se rendra coupable : c'est bien ce qui ressort
des faits : la table dressée par Quetelet donne, pour
les assassinats, le rapport de .q» , pour les vols sur
un chemin public, le rapport de .q» .Les meurtres S coups et blessures sont encore influencés par l'habitude des boissons et des rixes : aussi les femmes s'en rendent-elles le moins souvent coupables. L'adultère, les dissensions domestiques et la jalousie déterminent à peu près le même nombre d'empoisonnements dans
1. Plus du tiers des meurtres sont commis à la suite de querelles et de rixes au cabaret.
Halbwachs. °
114 LA THÉORIE DE l'hOHME MOYEN
les deux sexes. Mais le nombre des meurtres des femmes par leurs maris est plus grand que linverse.
Au reste, cette différenciation des deux sexes varie suivant le niveau social. « Je crois, dit Quetelet, que, dans les classes inférieures où l'instruction est à peu près nulle, les habitudes des femmes se rapprochent plus de celles des hommes, et que, plus on s'élève dans les classes de la société, et par conséquent dans les degrés de l'éducation, plus la femme contracte une vie retirée, et moins elle a l'occasion de commettre de crimes^. »
L'âge peut être considéré comme « la cause la plus énergique » du crime. On pouvait le prévoir : le développement de l'homme au cours de la vie individuelle est continu, sous le rapport de la force, des passions et de la raison ; or « le penchant au crime aux différents âges serait surtout fonction de ces trois quantités... et se déterminerait par elles si elles étaient suffisamment connues -. »
Le degré du penchant au crime à chaque âge est représenté par le rapport du chiffre total des crimes commis à chaque âge au chiffre de la population de cet âge. En le calculant pour beaucoup d'années, et pour beaucoup de pays, on trouve que la grandeur et l'époque du maximum varient sans doute suivant les pays, mais dans des limites plus resserrées que celles qu'on trouve pour les tables de mortalité '. « Je crois