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suicides, comme il en exerce une sur le nombre des aliénations mentales, et sur les crimes contre les personnes 1 ». Le penchant au suicide, qui existe dès l'enfance, croît sensiblement vers l'âge adulte, et va toujours en augmentant jusqu'à la vieillesse la plus reculée : son développement est parallèle à celui de l'intelligence et de la disposition à la folie. Il y a d'ailleurs de grosses différences dans la proportion des suicides quand on passe d'un pays à l'autre.

Les données que Quetelet avait à sa disposition ne lui permettaient pas de pousser plus loin l'étude de ces faits. Il n'en concluait pas moins :« l'homme, en général, procède avec la plus grande régularité dans toutes ses actions. Qu'il se marie, qu'il se reproduise ou qu'il se tue, qu'il attente à la propriété ou à la vie de son semblable, toujours il semble agir sous l'influence de causes déterminées et placées en dehors de son libre arbitre^. » C'est pourquoi « vouloir que le torrent régularise lui-même sa marche par ce seul motif qu'on lui a donné une digue, ou qu'il s'établisse subitement un nouvel ordre de choses en laissant subsister les mêmes causes, c'est attendre un prodige qui ne se réalisera pas Puisque les crimes qui se commettent annuellement semblent être un résultat nécessaire de notre organisation sociale, et que le nombre n'en peut diminuer sans que les causes qui les amènent ne soient préalablement modifiées, c'est aux législateurs à reconnaître ces causes et à les faire disparaître autant que possible; à eux appartient la fixation du budget des crimes, comme de celui des recettes et des dépenses du trésor. L'expérience

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