Ibid., p
4. Ibid., p. 261. Quetelet, d'ailleurs, croit que l'égalité absolue serait loin de constituer un progrès : « Il n'en reste pas moins vrai de dire que le resserrement des limites, poussé jusqu'à un certain point, est un véritable bienfait. Mais quelles sont les limites les plus convenables ? Ce problème, aussi nouveau que difficile, reste encore à résoudre. » Ibid., p. 256.
124 Li. THÉORIE DE l'hOMME MOYEN
Sur les lois du développement de l'humanité et des sociétés, Quetclet a émis des opinions difficiles à concilier. Il dit que l'existence la plus longue de l'homme atteint au plus un siècle ; pour une ville ou un peuple, elle ne dépasserait guère huit ou dix fois cette durée. A plusieurs égards, la vie des peuples tient donc à la classe des phénomènes périodiques. Mais il ajoute qu'un peuple peut prolonger sa durée par une transformation radicale de son organisation première. « Ce qui annonce le mieux la modification qu'il va subir, c'est l'état plus approfondi des sciences et des lettres, instant décisif... Il faut savoir en sortir plus fort et plus brillant, ou bien y laisser sa nationalité et son existencc^» C'est bien obscur. — Ailleurs, il dit que «l'humanité se modifie selon les exigences des temps et des lieux "^ » : alors, ce qui marquerait le terme de la vie d'un peuple, c'est qu'il n'est plus adapté aux circonstances, qu'il n'a plus de centre de gravité, ou plutôt que rien ne l'empêche de s'en écarter trop dans un sens ou dans l'autre. La science, en lui apprenant quelle organisation convient le mieux pour telles et telles conditions, en le mettant en mesure d'agir à la fois sur les causes extérieures et sur sa propre nature physique et morale, lui permettrait de s'adapter de mieux en mieux, et limiterait de plus en plus l'ampleur de ses écarts du type d'organisation qui lui conviendrait le mieux ^.
1. Physique sociale, t. II, p. 218. « L'homme e.xerce sur luimême et sur ce qui l'entoure une véritable force perturbatrice, dont l'intensité parait se développer en raison de son intelligence, et dont les effets sont tels que la société ne se ressemble pas à deux époques différentes. » Recherches sur la loi de la croissance, etc., p. 2.