Drobisch, livre cité, p
tendance au crime que mesure une si petite fraction est réellement inexistante. Toutes les personnes qui n'ont été ni condamnées, ni accusées, n'ont aucune part à la production du crime. Les statistiques ne nous révèlent l'existence d'un penchant au crime que dans une très petite portion de la société. Ce qu'on peut déterminer seulement, ce sont les conditions, naturelles ou sociales, fixes ou changeantes, qui sont les occasions du crime, qui en favorisent la production. — En résumé, non seulement les régularités que la statistique morale met en lumière ne se retrouvent que dans certaines classes d'actions humaines ; mais ce n'est rien qu'une petite partie de la société qui les accomplit. L'homme moyen de Quetelet ne serait qu'une fiction mathématique ; il représente le rapport du nombre des membres d'un groupe qui exécutent tel acte au nombre de ceux qui ne l'exécutent pas ; mais il ne s'ensuit pas que l'ensemble des membres de ce groupe participent en quelque mesure à l'accomplissement de cet acte. « La constance des nombres établis par la statistique prouve seulement que, dans une société assez grande, les dispositions à commettre les actes et les occasions de les commettre se reproduisent assez régulièrement chaque année, et aussi que le nombre des individus qui n'ont pas de raison de résister à leur penchant au mariage, ou sur lesquels le commandement moral a trop peu de prises pour les détourner du crime et du suicide, reste en général à peu près le même^ »
Mais, d'abord, Quetelet n'a guère soutenu le contraire de cette dernière proposition. Il définit, nous l'avons vu, le penchant au crime, ou au mariage, simplement