Ibid., p
constituerait en rassemblant en un môme tout, en une sorte d'individualité abstraite, les caractères les plus fréquents dans l'espèce avec leurs formes les plus fréquentes, on pourra dire que le type normal se confond avec le type moyen, et que tout écart par rapport à cet étalon de la santé est un phénomène morbide ^ » Qu'un tel type « puisse être constitué, c'est ce qu'on ne saurait mettre en doute, puisqu'il est la matière immédiate de la science; car il se confond avec le type générique ». — Faut-il donc admettre que, pour Quetelet etpour M. Durkheim, les notions de type normal et de type moyen aient la môme valeur et le même sens, et, en particulier, que, pour Quetelet, le type moyen ait une réalité propre, et distincte de celle des individus qui s'y conforment ?
Mais, d'abord, la distinction du normal et du morbide n'a pas le même sens chez l'un et chez l'autre. Pour M. Durkheim, sans doute « la maladie n'a rien de plus miraculeux que la santé ; elle est également fondée dans la nature des êtres. Seulement elle n'est pas fondée dans leur nature normale ; elle n'est pas impliquée dans leur tempérament ordinaire, ni liée aux conditions d'existence dont ils dépendent généralement^ ». Il distingue nettement, parmi les phénomènes sociologiques, ceux qui sont généraux dans toute l'étendue de l'espèce, et ceux qui sont exceptionnels dans le temps comme dans l'espace^ Pour Quetelet, au contraire, puisque les cas anormaux, les écarts de la moyenne, se distribuent très régulièrement autour de