Ibid., p
celle-ci, ils forment en réalité avec elle, c'est-à-dire avec les cas normaux, un système dont toutes les parties sont bien liées, et dépendent à la fois les unes des autres et, toutes ensembles, des mômes conditions : le normal implique l'anormal, et inversement. — D'autre part, pour M. Durkheim, la fréquence plus grande de certains phénomènes, c'est un caractère en quelque sorte extérieur de la réalité sociale, le seul caractère objectif où le savant puisse d'abord se prendre, mais qui a besoin lui-même d'être expliqué. Il faut bien commencer par classer les faits en normaux et anormaux, et l'on s'inspire de ce que, en général, les caractères les plus répandus sont aussi les plus avantageux. Mais on ne peut en rester là : on doit s'efforcer d' « ériger cette normalité de fait en une normalité de droit », c'està-dire expliquer ce caractère et sa fréquence par les conditions d'existence de l'espèce considérée ^ En d'autres termes, la fréquence est le signe objectif le plus ordinaire du normal ; mais ce qui fait qu'un caractère est normal, c'est qu'il est « un effet mécaniquement nécessaire » des conditions d'existence des organismes, ou « un moyen qui permet aux organismes de s'y adapter » ; et c'est cela, en définitive, que la science sociale a le devoir de démontrer. Mais, pour Quetelet, la fréquence d'un caractère n'est pas seulement le signe qu'il est normal, il n'est pas plus fréquent parce qu'il est normal, mais il est normal, en fait comme en droit, parce qu'il est plus fréquent. Un caractère qui se produit plus fréquemment est, en effet, par définition, un caractère plus probable, c'est-à-dire qu'il se rapproche davantage du type que la nature ou