Tr., c. 2, p. 45 = fi*. XI
2. « L'or qui nest point apte ne propre à forgier florins, pour ce qu'il y a aloy, soient faiz des anneaux, ou autres euvres diceluy ». Tr., c. 3, p. i5 (Cette remarque n'existe pas dans les textes latins) La même raison doit conduire, et Oresme l'observe judicieusement dans un de ses sermons^ à rejeter l'or que l'alchimie tente de fabriquer, comme n'étant point le vrai or. Jj'or véritable ne peut être qu'un produit naturel. « Auruni ex terra et ex virtute solis est ; ideo non potest fieri per artem alchimie veriim et purtim auruvi, et quicumque expenderet eum pro vero auro, esset dignus combustione secundum leges » (Sermon pour le VII^ dimanche après la Pentecôte, sur le texte. Attendite a falsis pi'ophetis (M s lat. 16895 fo 92, r«).
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rationnellement déduite delà conception qu'il s'est faite de la nature eX. de ^a J/n du numéraire. Il n'a fait, d'ailleurs, en ce cas particulier, que mettre en application la règle de conduiteconstanle des philosophes scolastiques, pour lesquels toute manière d'être doit rationnellement être ordonnée sw/ya/?^ la nature delà chose, et conformément à sa fin.
La fin de la monnaie, cest l'utilité commune ; c'est pour la commodité de tous, Oresme dans le Traité le répète à chaque instant, qu'elle a été inventée et imaginée (wo/ietorf'o« fo/isto^ m uaum pnhlicum specialiter esse inuentosi (i).
Sa nature, c'est d'être une chose, mesure et plege de la valeur des autres choses, mais avec cette observation qu'elle est elle-même une chose d'une valeur intrinsèque réelle.
Conformément à sa fin, c'est donc dans l'intérêt commun, pour le bien général de la communauté, qu'elle doit être ordonnée et régie ; suivant sa nature, c'est de manière à demeurer toujours une mesure vraie, un piège sûr, c'est-à-dire à conserver toujours sa valeur stable de chose, qu'elle doit être originairement constituée et réglementée par la suite.
C'est dans cet esprit qu'Oresme aborde et qu'il résout les trois grandes questions de la pratique monétaire de son temps; — laquestion du monnayage, avec celle, subsidiaire, des frais de la fabrication ; — la question du rapport des valeurs des métaux précieux ; — enfin celle de l'alliage et de la monnaie de billon.
I . « Pi'o ulilitate coranuini, ralione cujus raoneta est inventa, et ad quani naluraliter ordinatur « (Tr., c. 5, p. g8 =^ fi'. XM).
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§ 1 . — Le monnayage (i).
I, — A qui appartient-il de frapper la monnaie ? Telle est la première question qui se pose dans la pratique ; à l'époque d'Oresme elle dominait tout particulièrement le problème monétaire.
Oresme n'hésite pas un instant. Puisque la monnaie est créée pour la communauté et par la communauté, c'est à la communauté seule qu'il appartient de la frapper. Il n'est pas possible, observe-t il justement, d'en laisser le soin aux particuliers individuellement. Ce qui donne à la monnaie son caractère propre, c'est l'apposition d'un poinçon officiel, qui en certifie à tous la valeur et le titre ; vouloir laisser à chaque particulier le droit de marquer à sa guise des lingots de poids et de titre variables, ce serait, en admettant même qu'il n'y eût pas de fraude, créer une confusion inextricable, et retourner infailliblement au pesage des métaux. On l'a, nous dit Oresme, compris de fort bonne heure. « Antiquitus fuit ordinatum, et propter deceptionem caven dam, quod non licet cuilibet facere monetam, aut hujusmodi figuram vel imaginem imprimere in suo proprio argento et auro. » (2) La communauté des citoyens, pour le bien de laquelle la monnaie a été créée, est seule nécessairement désignée pour en certifier l'authenticité. A elle seule il doit appartenir de fabriquer la monnaie, à elle seule d'apposer sur les espèces l'empreinte qui les détermine en tant que monnaie {quia sicut praemissum
1. Tr., c. 5. Cui incumbit facere numisma, p. gg == fr. XIX; c. y, Ad cujus impensns fabricanda sit monetn, p. 101 = fr. XXIV. (La question n'est point traitée dans les traductions).