‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 105 sur 361 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

4. Vuitry, Etudes sur le régime financier de la France, i* s, t, II, p. 35o ; Cunningliain, The groiclh of english industry, p. 327.

5. C'est ainsi que M. Ch. Benoist interprète à cet endroit le Traité : « Le prince n'agit en seigneur monnayer que pour éviter les discussions et prévenir les troubles, comme gardien du lien social, comme fondé de pouvoir de la société » (Ch. Benoist, La politique de Charles F, p 93). Cf. aussi Cunningham, op. cit., p 3.1, I lu;.

LA DOCTRINE d'oRESME 211

monetam fabricare et eam congriia impressione signare)[\). Et ceci même est en opposition absolue avec le droit féodal de monnaie. Remarquons encore, que par une conséquence log^ique, Oresme, qui reconnaît le droit de frappe au prince, souverain de la communauté, ne l'admet aucunement pour les vassaux de sa terre, en faveur desquels on ne peut plus arguer de la même délégation. Fussent-ils en possession de ce prétendu droit par privilège ancien ou par usage, cela ne l'arrête point du tout : il ne saurait y avoir qu'une monnaie sur le territoire, comme il n'y a qu'une communauté, et toute prétention contraire pourra, dit une addition du texte français, et devra être combattue « par bataille » (2).

II. — Très ferme sur ce premier point, Oresme est beaucoup moins net sur la question de Vémission. Car de ce que le prince seul a le droit de fabriquer la monnaicj et d"y mettre au nom delà communauté l'empreinte officielle, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il ait seul le droit d'émission. Dans nos sociétés modernes, où le droit de frappe est réservé à l'Etat, en général l'émission reste libre : chaque particulier a le droit de porter à la Monnaie les lingots qu'il possède pour les faire transformer en numéraire, de sorte que c'est l'offre du public qui règle la quantité frappée. Au moyen âge, au contraire, le système couramment adopté, comme nous savons, avait été celui du monopole : seul le prince pouvait émettre la monnaie, quand il voulait, et dans la quantité qu'il lui plaisait; le marché du métal ninfluait donc pas nécessairement sur l'émission du numéraire (3).

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