‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 218 sur 361 · NVorowski, dans Traictie, Introduction, p. xlvi, n. i · texte numérisé non relu

NVorowski, dans Traictie, Introduction, p. xlvi, n. i

7t. Abbé de Choisy, Histoire de Philippe de Valois et du mi Jean, l()r)0, '\° (2'' parlio, p. 66).

professeur à Navarre, il était certainement en vue dans l'Université, représentée alors dans les Etats par plusieurs de ses membres. Est-il téméraire de supposer qu'il fut l'un de ces maîtres en divinité, qui nous sont siçnalés au procès-verbal et dont nous n'avons point les noms ? Est-il téméraire de croire que ce fut à sa présence, et à la doctrine de son Traité, que l'assemblée dut d'apporter tant de zèle et de sag^acité au problème de la réforme monétaire ?

La supposition, bien vague évidemment, devient infiniment pressante, quand on considère de près les desiderata des Etats en matière monétaire. On retrouve en effet entre les réclamations qui prévalurent aux Etats et les principes doctrinaux exposés au Traité des analogies de fond e't de forme même, qu'il semble bien difficile d'expliquer autrement que par l'emprunt direct.

Oresme, on le sait, demandait avant toutes choses la stabilité monétaire. Les Etats, avant d'accorder tout subside, font promettre au roi : « Premièrement, de faire perpétuellement dans le royaume bonne monnoie et estable, que lui nj ses successeurs jamais doresnavant ne pourront muer ne chang-er » (i).

Oresme demandait, pour régulariser la circulation, une monnaie forte, de métal pur s'il était possible ; il prohibait expressément le billon d'or. Et les Etats prescrivent «que l'on fera forte monnoye», à ^4 karals, c'està-dire en métal pur justement pour l'or, à 8 deniers d'aloi pour le gros d'argent, et que Ton ouvrera sur le pied 24% à un taux que l'on ne connaissait plus depuis

I. Ordonn. i^S décemijre 1355, u'' p., A. i''' (III, p. 26) = Traietie, c. 8 : « Maintenant doncques il est certain que le cours et le prix des monnoies doit estre au Royaume comme une loy et ferme ordonnance que nullement ne se doit muer ne changer » (éd. Wol..p. XXVI = lat. CIII).

bientôt un siècle. Ils prévoient même que « si à la Saint- André prochain venant, à laquelle les trois estats dessusdicts doivent se rassembler en notre ville de Paris il étoit regardé que noz guerres fussent finies, si que nous pussions faire courir très forte monnoye », on mettrait le denier d'or à i3 s. 4 d., et la monnaie d'argent, à r « avenant » (i), c'est-à-dire que l'on reviendrait vraiment à la bonne monnaie de M. saint Loys.

En descendant dans les détails, Oresme demandait la réduction et la régularisation du seigneuriage royal; il ne tolérait qu'une légère différence, qu'il limitait à environ 2 sous par marc. L'ordonnance des Etats limite elle aussi le profit du seigneuriage royal ; elle prévoit qu' « on ne pourra traire que six livres tournois du marc d'argent », ce qui, le métal coûtant alors 5 1. 5 s. aux monnaies, ne laisse au prince que 5 sous par marc de seigneuriage, quotité bien voisine de celle du Traité (2),

Oresme sinquiétait encore d'ajuster les monnaies d'or et d'argent ; il se préoccupait de déterminer une proportion stable entre les valeurs des espèces de l'un et l'autre métal, proportion qu'il croyait pouvoir fixer aux environs de i/io. L'ordonnance des Etats, elle aussi, a soin de déterminer le prix des monnaies blanches « de telle sorte que l'on nait cause de haucier la monnoye d'or», et après examen des « sages hommes en ce compétens» elle proclame qu'il conviendra, dès qu'on le pourra, de « ramener un marc d'or fin à unze marcs d'argent justement (3).

Enfin, pour assurer l'exécution des décisions de la communauté, pour obvier aux tentations qui pourraient se présenter pour le prince, Oresme demandait que les

1. Ibidem, A. 8 (III, p. 27). Gf Tract., c. 12, p. ClX ; et pour la })rohibition de 1 alliage de Tor, Tract, c. 5, p. XGV.

Page 1