‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 224 sur 361 · I . V. infrà. Appendice, tableau II · texte numérisé non relu

I . V. infrà. Appendice, tableau II

On sait ce qu'il advint; et comment le peuple « moult esmeu », conduit par la bourg-eoisie et par le prévôt des marchands, refusa de laisser circuler les nouvelles pièces (i), et obligea le duc d'Anjou à arrêter la frappe^ quitte à laisser mettre en circulation, pour vivre en attendant, des espèces de rebut. Le dauphin, de retour le il[ janvier, essaya, semble-t-il, encore de temporiser ; mais devant l'attitude menaçante des bourgeois et après les scènes violentes du 20 janvier (2), il dut reculer, et, tout en protestant en chambre du parlement que « de tout temps le droit de faire monoie et de la muer appartenoit au roy pour cause de Iheritage de la couronne de France » (3), il dut en fin de compte, « puisque icelle bonne et forte monnoye nayt pas esté ne encores soit agréable au peuple » renoncer à faire une nouvelle émission, et laisser courir les anciens blancs du roi Jean, ordonner même, qu'en attendant la décision des Etats on continuerait, par provision, à frapper deniers sur le pied 60^, « autels et semblables corne ceulx que len faisoit auparavant » (4).

1 . Il est manifestement impossible, comme Ta fort bien montré ici M. de Saulcy (art. cit., p. 29a), qu'il y ait eu à ce moment une frappe de monnaie 64". Gest bien la monnaie 48* qui causa la révolte de Marcel. Mais, d'autre part, la monnaie 28^, que M. de Saulcy intercale ici, doit être manifestement, comme nous avons dit, reportée au mois de mars : c'est la monnaie des Etats de loS^. Le Ms. Fr. Zj535, la meilleure, semble-t-il, des sources éditées par M. de Saulcy, dit très nettement que le pied 28*' a été pratiqué du 26 mars i556 (A. S.) au i5 janvier i'55y (A. S.). Cela concorde parfaitement, en tenant compte de la différence de date du mandement et de l'ordonnance, avec ce que nous savons par les Chroniques de la monnaie des Etats de cette année.

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