‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 232 sur 361 · Tract., c. XXîI, p. CXXIII (manque dans Vœgelin · texte numérisé non relu

Tract., c. XXîI, p. CXXIII (manque dans Vœgelin

2. M. Glasson a reconnu déjà le rapprochement qui s'imppse entre ces deux œuvres {H. des institutions de la France, Yl, 148).

5. u Lequel pié nous et les dessusdicts seigneurs espérions et

tinue du métal (le marc d'argent à 3 d. 8 venait de monter dans les premiers jours de mai jusqu'à lo livres)^, le rég-ent — il avait pris ce nom (i) — abaissa la monnaie au pied 54"; ce qui élevait son bénéfice à 3 1. los. par marc d'arg'ent fin, soit un peu plus du tiers (2).

Il comptait évidemment faire accepter cette mutation par les Etats soig-neusement choisis qu'il réunissait à Gompièg-ne. Mais même les Etats de Gompiègne, si monarchiques qu'ils fussent^ et si empressés de détruire l'œuvre de l'assemblée parisienne, ne voulaient point rouvrir la porte aux altérations monétaires. Eux aussi protestèrent, et « en conséquence de la décision de la g-reigneur partie de plusieurs des g"ens des bonnes villes du royaume », le rég'enl dut suspendre l'exécution de son mandement. Le i4mai,la nouvelle décision des Etats était arrêtée : ils décidaient qu'en échange d'une aide qu'ils voulaient bien octroyei", le dauphin devrait rétablir les espèces « en lestai dessus dit », sur le pied fort. Le denier au mouton d'or était remis à 3o sols tournois, le florin à I livre « et les autres monnoies blanches et noires à la

tenions estre de plus grand valeur et revenue quil n'a este, et plus longuement durer » {Ord. 7 mai 1358, TU, 218). Cf. Gr . Chroniq. de France, éd. P. Paris, VI, 60.

1. Le 14 mars i358. Gv. Chroniq. de Fr.,c. 45 {éd. cit.,W, 97).

1. Ordonn. du 7 mai 1358 {l\l, 218). Il s'est produit ici fréquemment une confusion : on a attribué aux Etats de Gompiègne cette émission de basse monnaie 54'. La chose est évidemment impossible, puisque les Etats ne venaient que de se réunir, s'ils étaient même déjà assemblés, et puisque le 14 nous les voyons exiger du Dauphin la promesse d'une forte monnaie, à frapper immédiatement. Ce qu'il y a de réel, c'est que la monnaie du 7 mai a été frappée par le Dauphin avant que les Etats aient pu s'y opposer, et que, malgré ses promesses, il a su plus tard la maintenir jusqu'au mois d'août.

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value II), selon le pié des florins dessus dits ». c'est-à-dire que Ion rétablissait les espèces sur le pied 28", le même que les Etats précédents avaient adopté en mars iSSy, et qui avait été gardé dix mois Tannée précédente. Les Etals, copiant jusqu'au bout leurs prédécesseurs, font jurer au régent de ne pas <( muer, croislre, ou abaisser » les dites monnoies, de ne pas souffrir qu'on essaie de les « muer, hausser, ni affoibloyer, par quelconques soustivetez ou manière, pour quelconqu'î cause ou de quelque quantité que ce fust, ... jusques à la Saint-Jean-Baptiste » (de l'année suivante).

Il fallait que 1 idée de la réforme monétaire fût profondément ancrée dans les esprits, pour que ces Etats de Compiègne eux-mêmes, si dévoués au dauphin, crûssent devoir reprendre la tradition des assemblées parisiennes, et le forçassent à rapporter les mandements monétaires par lesquels il espérait se procurer quelque argent dans son extrême détresse financière. En fait d'ailleurs, malgré les promesses qu'ils lui avaient fait accumuler, il est certain que le dauphin sut se dérober à leurs exigences, et que la réforme monétaire des Etats resta à l'état théorique. Les lettres du 22 août nous apprennent en effet qu'à cette date la monnaie qui devait courir à la Saint- Jean-Baptiste, n'avait pas encore été frappée « parce qu'on n'avait pu encore vacquer a ce » (2). Le dauphin avait, au contraire, au 5 août, porté les espèces au pied 80% ce qui lui laissait un bénéfice de 6 livres par marc (un peu moins de moitié pourtant, puisque le marc était monté à i4 livres) (3). A Paris, à la même époque, Marcel

1. Ordonn. du 13 mai 1.338, art. i et 2 (III, 219). Cf. Vuitry, op. cit., p. 291.

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