‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 249 sur 361 · Mandement du 15 mars · texte numérisé non relu

Mandement du 15 mars

7). Le rapport de la valeur commerciale des métaux paraît s'éU'e tenu le plus souvent, depuis la 5" race, aux environs de 12. Il était sous saint Louis, de ii>.'>o envii'on ; à partir de i >78, il

Le soin que l'on avait pris, dès le début, de la réforme, de conformer la valeur légale des espèces à leur valeur intrinsèque de métal, devait par voie de conséquence rapprocher naturellement le rapport légal des métaux de leur rapport commercial. Par le mandement de décembre, le prix du marc d'or monnayé s'établissait à 63 livres, et celui du marc d'argent monnayé à () livres, ce qui,déter- ' minait entre les deux métaux up rapport légal de lo.ôo. Or, à cette même date, le prix de l'or aux monnaies n'étant que de 60 livres seulement, et celui de l'argent voisin de 5 l. 8 s. ([), le rapport réel devait être d'environ j r,i I, Le rapport légal était donc un peu trop faible, parce que justement, comme nous avons dit, la valeur

se serait élevé à 12,47 > ^ous le règne de Philippe le Bel, on avait enregistré des écarts heaucoup plus considérables, puisque le rapport aurait dépassé 14, i5, 16 et même 17, sans qu'il soit jamais descendu au-dessous de 11, 55. Sous le roi Jean, il était tombé, le i5 mars i56o, à 1.04. Ce qui peut le mieux donner une idée exacte de la valeur réelle de ce rapport, c'est le cours volontaire qui s'était établi alors à côté du cours légal des espèces, et suivant lequel, dans les premiers mois de i56o, le rapport s'est toujours tenu entre les limites extrêmes de 5 et 8,74- (Nous empruntons tes éléments de cette note à M. de Wailly, Mém. sur les variations de la lirre tournois, p. 2i4sq. D'après M. de Wailly, en décembre i56o, le cours volontaire avait élevé le rapport à 14,25, et il était encore dans les premiers mois de i36i à i3,22. Mais, ajoute-t-il justement, « ce n'était peut-être qu'une réaction excessive due aux manœuvres de quelques spéculateurs ». Nous croyons prudent dans ces conditions de ne tenir compte, dans les calculs qui suivent, que des chiffres certifiés par les mandements rovaux, pour les prix à donner aux hôtels des monnaies).

1. Nous disons voisin de 5\ 8 s., car les Ordonnances ne nous donnent à cette date que le prix du métal allayé à 4 d. 12 gr. de loy ; on ne fi'appait pas alors de métal à un plus haut titre. Le prix du marc de fin eût été certainement un peu supérieur ; le rapport indiqué au texte devrait donc être légèrement diminué : probablement il ne dépassait pas sensiblement le chiffre de 11.

de l'argent avait été fixée un peu trop forte. Le conseil ne s'en aperçut point, semble-t-il d'abord ; réuni en janvier pour savoir « si Ion avait bien fait et ordonné selon la matière d'or et d'argent » il trouva, après le rapport des sages hommes, <( que l'or el l'argent avaient été bien ordonnés et équipollés lun a laultre » (r). La différence était minime en effet, minime surtout si on la comparait aux variations "iqui l'avaient précédée ; elle n'était pas pourtant sans inconvénients, dans un régime qui voulait rétablir le droit rapport des valeurs.

Au cours des premiers mois de i36i, ces inconvénients commencèrent justement à se faire sentir, parce que, comme nous savons, de janvier à mars, le prix de l'argent ne cessa de diminuer. Aussi, en avril (2), voyant que les mesures de l'Ordonnance « ne pouvaient plus avoir leur plein effet », chercha-t-on à se rapprocher du rapport réel — où l'on voyait peut-être même un « juste rapport », — et c'est probablement pour cette raison que l'on abandonna le pied 24'" pour le pied 21".

Le résultat, cette fois, était aussi exact que possible. Le prix de for s'étant maintenu à 60 livres (3), et celui de l'argent étant descendu à 5 1., le rapport réel était devenu juste 12 (c'est, coïncidence curieuse, le chiffre de l'addi-

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