Ont. 16 janvier 1361 (III
2. Ord. 10 avril 1301, préambule « Nous avons entendu que lesdites monnoies blanches et noires n'ont pas esté ne ne sont bien equipoUees selon la valeur des francs d'or lin, et pour ce ne pevent iceutx fforins demourer au prix de XVI sofz parisis. »
3. Ms. Fr. 4555 : « Du i5® jour de janvier i56o jusqucs au 17* jour d'aoust i565.. . donnoit on de marc d'or fin 60 Ib. t. — Du 25^ jour d'avril i56i jusques au 2® de mai i365, donna len au marc d argent noir 4 Ib. 5 s. t. et en blanc 5 1. t. » (de Saulcy, op. cit. , p. 62).
536 RÉFORME MONÉTAIRE DK CHAULES V
|,ion du prologue français) (i). Or en frappant 63 I. de l'rancs au marc d'or, en frappant 5 I. 5 s. de gros au marc d'argent, on établissait exactement, comme il est aisé de s'en rendre compte, entre les métaux monnayés le même rapport 12. Le vœu d'Oresme était rigoureusement exaucé, et le rapport naturel loyalement g-ardé « comme ceux scavent qui la science entendent ».
Ainsi, dans toute cette réforme de i36o, aussi bien dans l'établissement du nouveau système monétaire que dans la fixation du titre ou la détermination de la valeur lég"ale, même dans le remaniement jugé nécessaire du pied des espèces, et dans l'adaptation loyale du rapport des métaux, partout la préoccupation apparaît constante de faire une monnaie droite, une monnaie-marchandise véritablement^ dont la valeur et le cours légal ne soient que la représentation d'une valeur intrinsèque, sur laquelle elles se modèlent essentiellement. C'était là, dans les moindres détails, ce qu'avait demandé Oresme, et on avait ainsi rempli la première partie des réformes qu'il demandait dans le Traité, on avait obtenu la qualité de la monnaie. Restait maintenant, comme il le demandait, à en assurer la stabilité.
B. — Stabilité du système monétaire
Assurer la stabilité des espèces, c'était en etîet le point le plus important et le plus nouveau de la réforme, et au fond, pour Oresme. cette question primait même, comme on sait, la restauration de la qualité des espèces.
Il avait certainement raison. Les troubles commerciaux
r. Traictie. Lr prologue du translateur, p. III-IV {passage suspect).
et le (désarroi économique qu'il avait si bien dépeints venaient moins encore, au fond, de la basse qualité des espèces que de leur perpétuel remaniement, de l'altération des monnaies que de leurs mutations. Avoir une monnaie stable, une monnaie invariable, était plus essentiel encore et plus pressant que d'avoir une monnaie droite.
De cette nécessité, le roi Charles V fut certainement profondément pénétré. 11 est hors de doute que les enseignements d'Oresme, que sa violente peinture des inconvénients des mutations avaient fini pai' faire sur lui une profonde impression. Quant il eut accepté la réforme il la voulut du coup définitive, et il eut la volonté ferme et suivie de la maintenir. La promesse qu'il faisait à son peuple dans l'ordonnance de décembre, de « g-arder monnoie estable en ung- estât, le plus longuement qu'il se pourroit bonnement » (i), on peut dire à sa louang-e qu'il l'a gardée jalousement pendant toute sa vie, et pendant les quatre années où sous le règne de son père il dirigea de fait les affaires, et pendant les seize années de son propre règne. De i36oà i38o, deux fois seulement, le pied des monnaies fut changé, et encore la première fois on était, on peut dire, dans la période des premiers tâtonnements, on n'était pas arrivé à harmoniser le système. Une fois le régime définitivement établi en i36i, une seule fois, en avril i365, le pied de la monnaie fut changé (2) ; et cette mutation même ne fait que prouver,