I. Mandemeni du 12 juillet 1370 (Ord. V, 52o
la circulation (peut-être cela était-il nécessaire eu fait) des pièces anciennes d'un aloi inférieur. Bien qu'il -eût pris soin d'en réduire le prix à la valeur de la monnaie forte nouvelle, il n'en restait pas moins que chacun, ayant le choix de payer dans les espèces fortes ou dans l'ancienne monnaie, s'empressait naturellement de se libérer dans les espèces inférieures ; les impôts, par exemple, nous dit un mandement royal, ne rentraient plus qu'en espèces dépréciées (i).
Quant à la bonne monnaie, elle s'échappait par une double fuite : elle fuyait à l'étrang-er, où les princes voisins l'achetaient à haut prix poui- faire leur bas billon, ou bien dons le royaume même elle se cachait, était mise décote pour la thésaurisation comme on la comprenait alors, c'est-à-dire fondue en vaisselle et en joyaux.
Le royaume, en revanche, était inondé de fausse monnaie et de pièces étrangères. L'occasion était trop tentante, et, avec ces pièces de haut aloi, le bénéfice trop fructueux, pour que l'industrie du faux monnayag-e ne se soit pas exercée avec activité. Des princes voisins peu scrupuleux frappaient eux-mêmes, nous l'apprennent les mandements, sur le type royal, des vassaux (2) contrefaisaient les monnaies du roi en pièces de bas aloi, et cueillaient à leur profil tout le bénéfice qu'il avait abandonné. Il courait dans le royaume des falsifications de toute sorte, ( tant pièces contrefaites aux nostres, comme