Ihidf.m. Mandement du 7 août 1064, à Melun, n" 65, p
2. Mandement du 19 août 1378 (Ord. VI, 540 • 5. Vuitry, op. cit., p. aiSsq.
4 V. les privilèges accordés aux Juifs du Languedoc en échange d'un emprunt forcé (Ord.Yl, 34i)- Les émissions monétaires se faisaient le plus souvent sous la forme d'un prêt. Le roi, qui n'avait pas le métal, s'adressait à un changeur de profession, comme ce Barthélémy Spifame. marchand et bourgeois de Paris, qui veut bien « faire partie » au roi des sommes dont il a besoin, « gracieusement », mais qui pose tout de même ses conditions : il ne fournira son billon qu'en vaisselle et en argent cendré, à une loi plus basse que celle des deniers, et il veut qu'on lui accorde une creue sur le prix du métal {Mandement du 19 juin 1370, Ord. V, 5oi).
5. Emprunt forcé sur les receveurs des gabelles, signalé dans ha.\isse, Histoire de France, lY, 214.
6. Demande au pape de faire contribuer l'église de Cambrai pour la rançon du duc de Bar (Mandement du 10 nov. 1369, à Paris, dans Delisle, n** 6o5, p. 297).
7. C'était, semble t-il, une vieille tradition que lemprunt forcé en Normandie. Les anciens ducs ne s'en étaient point privés, s'il en faut en croire Wace :
un mandement du roi prescrit d'appeler les élus de la Basse-Normandie, pour a requérir les bonnes gens desdites ville** suffisans et puissants de prester, comme il vous semblera qu'ils seront puissants et aesies de prester » ; et s'ils refusent de prêter bénévolement, on les taxera d'office « à faire ledit prest, de telles sommes comme vous trouverez estre a faire » (i). Cinq ans plus tard, c'est la Haute-Normandie qui est mise à contribution. Jehan d'Artois, sergent d'armes du roi, reçoit l'ordre de se transporter à Rouen, pour contraindre les bourgeois récalcitrants, « par prinse, vendue et explectation de
Quand 11 dus soldeiers tenoit,
bien les paioit quant il poeit,
Et quant il ne poeit paier,
... ses borgeiz faisoit amener,
et faisoit soldeier livrer,
cil por trent livres, cil por cent,
trestuit acostumeement,
cil por vingt, cil por quarante,
cil por rail, cil por cinquante ;
ne l'osoient borgeiz fuir,
a plusor se faisoit haïr.
(Wace, le Roman de Rou, v. i6o5-i620, éd. J. Pluquet, Rouen, 1827, in-S").
I. Mandement du 27 juillet 1365, à Sentis, dans Delisle, n" 237, p. 117. Cette levée otïre pour nous une particularité intéressante. Dans le compte qui nous est conservé des sommes levées de 1570 à 1575 dans la ville et vicomte de Caen pour les aides de la guerre, et les emprunts faits « pour le wideraent et délivrance du chastel et ville de Saint-Sauveur-le-Vicomte », figure, pour la recepte de la ville de Caen, un Raoul Oresme, qui paraît avoir été un gros bourgeois, car il est taxé à 5o francs d'emprunt, la moyenne ne dépassant pas 5 à 10 francs. Cette mention vient à l'appui de l'opinion de Huet, qui avait déjà noté que le nom dOresme est fréquent dans les environs de Caen, et que la famille de notre auteur était probablement originaire de cette contrée (Arch. Nat. KK 55o, ï" 228 « Le compte Yvon Buart »).
EFFETS DK L\ REFORME
leurs biens » à verser les sommes auxquelles ils ont été taxés d'office ; le prêt cette fois a pour objet de payer les hommes d'armes du connétable, « afin que mieulx et plus puissamment il pusl combattre ses ennemis » (i).
C'étaient, toutes ces mesures, un legs mauvais des §"0uvernements antérieurs (aj, que les Etats de r355 avaient déjà condamné, et qu'on n'eût pas dû voir reparaître. Sans doute le roi n'y recourait-il en fait qu'en cas de force majeure (3), sans doute même ne fût-ce quelquefois qu'une sorte d'avance d'impôt; le prêt forcée bien gagé sur les revenus du domaine, fut toujours honnêtement et intég"ralement remboursé (4). Il n'en est pas moins vrai que le procédé en lui-même était souverainement tyrannique et vexatoire. Le roi qui y recourait si facilement, l'économiste qui l'avait si légèrement conseillé et qui y collabora activement plus d'une fois (5), avaient évidemment oublié tous deux trop vite
I. Mandement du 9 déc. 1370, à Paris, dans Delisle, n° 707, p. 077. La ville de Rouen était elle même à cours d'argent. Lors du premier paiement de la rançon du roi Jean, elle avait dû emprunter ao.ooo moutons d'or au comte de Namur, et elle n'avait pas encore achevé de rembourser en ijGq (Arch. Nat. K 48, p. 45).
o,. Cf. Ordonn. 6 déc. 1350 {\\, 17) ; 13 janvier, i.3,57 (III, 45) ; 14 mai 1358 (III, 1200), etc.
5. Vuitry, Le régime financier de la France, II, 214 ; Benoist, La politique de Charles V, p. 75.
4. « Il ne requist jamais, dit Christine de Pisan, personne que de prest raisonnable, par si que comme il l'assignait de payement sur ses receples et revenues cleres et bien venans, jusques à la lin de pave » (Le livre des faiz et bonnes mœurs, i""*^ part. c. 25, éd. cit.,p.2g5} . Lorsqu'un emprunt forcé est levé à Rouen, la somme est déclarée remboursable après six semaines ; le prêt est gagé sur l'aide du diocèse et de la ville de Rouen {^Mandement du 5 oct. 1371, dans Delisle, nVSgS, p. 461).
5. Sur l'emprunt des 20.000 moutons d'or de Rouen, et le rùle d'Oresme en cette occasion, v. suprà, p. 449' 5oi).
EFFETS m: LA RÉFORME 589
les belles pages que l'un avait écrites, l'autre inspirées, sur les iniquités et les dangers de la tyrannie.
Les procédés arbitraires d'ailleurs ne réussirent pas toujours. Dans le cas que nous venons de rapporter, les Rouennais paraissent bien avoir voulu faire la sourde oreille aux exig-ences du roi. D'autres fois, les prêteurs exigeaient des sûretés particulières : les bourgeois de Rouen ne prêtent que sur l'eng-agement exprès du produit des aides dans la ville et le diocèse ; plus tard il faut au roi de France, pour emprunter 100,000 francs d'or chez les Lombards d'Avig-non, la caution de son frère le duc d'Anjou, de trois comtes, d'un archevêque, d'un abbé, de deux chambellans^, de plusieurs conseillers, des maîtres d'hôtel, du prévôt des marchands et du prévôt de Paris, en tout de ving-t et une personnes considérables (i). Parfois le roi était réduit à solliciter les personnes les plus humbles de son entourage ; en juillet iSyi, pour payer les hommes d'armes de du Guesclin, le roi emprunte 67 francs et demi à son cuisinier Tirel de Taillevent ; les membres du Parlement sont forcés de contribuer aussi, bien qu'ils n'aient pas reçu leurs gages depuis dix mois. Malgré les énormes taxes qu'il avait créées, le roi était donc continuellement gêné, comme un petit prince besogneux.
La nouvelle politique financière avait ainsi peu réussi pour le prince. Avait-elle au moins donné des résultats satisfaisants pour le pays? Ces taxes, qui devaient « moins grever le povre peuple que ne feroit la mutacion des monnaies » avaient-elles été en réalité moins lourdes que les anciens procédés monétaires? Le président Hénault, dans son Abrégé, nous dit que « le peuple obtint comme une grâce que la variation des nion-