‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 285 sur 361 · I.NFLUENCi: DOCTRINALE d'oRESJIE · texte numérisé non relu

I.NFLUENCi: DOCTRINALE d'oRESJIE

Des œuvres si répandues et si recherchées devaient naturellement être appelées à fig-urer parmi les premiers livres imprimés. Oresme a connu, avec la Bible et Donat, les honneurs de plusieurs réimpressions au XV® siècle. Une première édition, contenant les Politiques seules avec la glose, Politica ciini glossematibus, est sig-nalée par quelques bibliog-raphes du xvi« siècle, comme étant sortie en i486, à Paris, de la maison d'Antoine Vérard (i) ; mais comme on n'en connaît actuellement aucun exemplaire, l'existence en demeure assez problématique. La seule édition qui nous soit parvenue est celle de l'année 1489, chez le même Antoine Vérard (2). Une gravure sur bois, en tète du premier

intéressantes; les Mss p.5o5 et 11.201 de la Bibliothèque de Bruxelles, un Ms. des Ethiques du Museeum Meermann-Weistreianlim, et celui des Politiques de la collection de INl. le comte de Wakers, dans lesquels M. Delisle est parvenu à reconnaître les exemplaires originaux de la Bibliothèque du roi Charles V. (V. Delisle, Observations sur plusieurs Mss. de la Politique et de l'Economique d'Aristote, dans Bibl. Ec. des Chartes, i86q, p. 601 ; et du même, Les Ethiques, les Politiques et les Economiques, traduites et copiées pour le roi Charles V, dans Comptes rendus Ac. Inscr., 4e série, t. VII (1880), p. 258 sq.).

1. Le P. Martin, Athenae Normannorum, Ms. Bibl. Caen, n°55, art. 622, l'indique ainsi : « Politica cum glossematibus, Lutetiae i486 f", apud Auton. Verardum ». Cf. aussi Oudin, Commentariam, p. Tiii; (labr. Naudé, Bihliographia polit'ca. p. 'ôy : Eabricius, Bibliotheca latina medii aevi, V, 572 ; La Croix du Maine, Bibliothèque française, II, loi, et V, 144 •

2. « Titre : Le livre de politiques d Aristote. Expiicit : Cy finit le VIIL livre de politiques» s. d. « Cy commence le livre appelé yconomique, lequel composa Aristote et auquel il détermine de gouvernement de maison. » Expiicit : « Le présent livre de politiques fut achevé le VIIL daoust rail quatre cens quatre vingt et neuf, par Antoine Verard demeurant à Paris sur le pont nostredarae a Ivmage sainct Jehan leuangeliste, ou au palais en la grant salle auprès de la chapelle, ou on chante la messe de mes-

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volume, représente, comme dans les Mss., Oresme à genoux, offrant sa traduction à Charles V entouré de seig"neurs.

La traduction des Ethiques a eu aussi sa double édition au xve siècle. Une première édition, chez Antoine Vérard toujours, fut achevée d'imprimer le 8 septembre i488 (i); une réimpression, en 1497- est signalée dans le supplément de Brunet (2), qui avoue n'en avoir rencontré; aucun exemplaire, bien qu'elle figurât encore au xwi^ siècle sur les catalogues de la foire de Francfort (3).

seigneurs les presidens. » Petit iii-fol goth à a col. tle 36 lignes, 38o ff. (Cette nutice est celle de Brunet, Manuel du Libraire, V, col. 469. Cf. Grsesse, Trésor des livres rares el curieux, I, 219»: G. Brunet^ La F^^ance littéraire au XK^s., p. 14 ; E. Frère, Bibliographie normande, II, 554, etc.).

1. Titre: Les Ethiques en français. Exfdicit (au feuillet XXXV^ du livre X) « Imprime a Paris le VIII« jour de septembre mil CCCC quatre vings et huyt, sur le pont nostredame, a lymaige sainct iehan leuangelisle, ou au palays ou premier pillier empres la chapelle la ou Ion chante la messe de messeigneurs les presidens » 223 ff". et 23 ff. pour le X'' livre (Cette notice est tirée de Brunet, Manuel du Libraire, y, col. 466. Cf. B. de Montfaucon, Catalogue des livres imprimés delà Bibl. du roi, 1783, in-f", p. 37; Gailleau, Dictionnaire bibliographique, historique et critique des livres rares, précieux, etc.. 1791, t. I, p. 90; Graesse, Trésor, l, 219*).

2.« Tifre: Les Ethiques, le Gouvernement des princes, le Trésor de noblesse, et les fleurs de Valere le Grand, chez Anthoine Verard, i497i in-fol.goth. « (Brunet, Manuel du Libraire, Supplément, n" 3674 (I, col. 60).

3. Les exemplaires de 1 un et l'autre de ces ouvrages, aujourd'hui conservés dans les Bibliothèques publiques de France, ne sont pas très nombreux. Mlle Pellechat. dans son Catalogue des Incwi'ibles des Bibliothi'ques /mbliques de France, Paris, 1897, n'a relevé que onze e.\emplaires des Ethiques et treize des Politiques. Pour épargner les recherches, nous croyons utile de reproduiie cette double liste :

l. Ethiques (n^ 1237) : Bibl. Nat.' E. 4 et 56 ; Arsenal, S. A. i5io ; Mazarine,486 (2 ex.) ; Sainte-Geneviève, 618; Aix, 23027 ;

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Le Traité des monnaies paraît avoir été toujours beaucoup moins répandu. Le roi n'en avait, semble-t-il, dans sa librairie de la Tour du Louvre, qu'un unique exemplaire du texte français, probablement ce petit cahier que, eh la chambre du milieu, l'inventaire de iSyS dési§;nait ainsi : « Lhi livret des monnoyes, bien escript» (i) Nous n'en avons rencontré aucun exemplaire dans les librairies princières, et les bibliot^raphes anciens n'en signalent qu'un très petit nombre. Montfaucon ne connaissait que les deux manuscrits latins du fonds du roi, et un seul manuscrit de la traduction française (2). Un manuscrit du texte latin, aujourd'hui disparu, est encore signalé à Lisieux au xvii" siècle par le P. Martin et par dom Dessin (3) ; et La Croix du Maine avait « par devers lui » en i584, un manuscrit de la version française (( de fort belle escripture » (4). Les exemplaires

Carpentras, E. iSqS ; Poitiers, 11 ; Saint-Omer, ii7)r ; Vesoul,

n. Politiques (11° 1261) : Bibl. Nat. E. 1-2 et 64; Arsenal, S. A. 5.832: Mazarine, 554, X^** s.; Sainte-Geneviève, 549; Aix, 15.091 ; Blois, (n. c); Boulogne, ij5i ; Carcassonne, i3i5 ; Lille, E. 4; Lyon, 5^ ; Vesoul, 9532.

1. Catcdogue de G. Mallet, no 19;; « Un livret des monnoyes, bien escript » (éd. Van Praët, i856, 8°, p. 46. Cf. Barrois, Bibl. protyjmgraphiqîie, p. 55 et 64.

2. 'Slonii'ancon , Bibliotlieca Bibliothecamm Maniiscriptarum, lyÔQ, t. II, col. 915, '791.

5. Le P. Martin, Athenœ Nonmiimonim, Ms. Bibl. de Gaen, n° 55, art. 622 ; dom Bessin, Concilia Rothomagensis provinciœ, 1717, 2^ pars, p. 477-

4. La Ci'oix du Maine. Bibliothèque française, v" Nicole Oresme; « II a écrit un Traité des monnoyes tant en langue latine que française ; le latin se trouve imprimé ; quant à la traduction française, nous Tavons par devers nous écrite à la main sur parchemin de fort belle écriture; il contient 26 chapitres » léd. Rigoley de Juvisy, II, 191).

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qui nous ont élé conservés aujourd'hui proviennent à peu près exclusivement de bibliothèques ecclésiastiques (i).

Les éditions ne s'en sont, comme nous avons vu, multipliées que assez tard. Le texte français, dans l'édition unique de Colard Mansion (2), a été très vite oublié certainement ; le P. Lelong n'en connaissait déjà plus l'existence que par oui-dire. Jusqu'à la fin du xvi^ siècle, les travailleurs n'eurent que l'édition gothique des œuvres de Gerson (3), qui semble avoir été fort peu répandue. Les réimpressions multiples desxvi''-xvii'' siècles au contraire, dans les textes simultanés de V'œgelin et de la bibliothèque des Pères, ont certainement répandu beaucoup plus la connaissance du Traité. Une chose assez remarquable, c'est la répartition des lieux d'édition. Nous avons des éditions du Traité de Paris, de Lyon, de Colog"ne, de Francfort, d'Helmstadt; il est visible que la diffusion s'est opérée surtout vers l'Allemag^ne, tandis que les contrées méditerranéennes paraissent ne l'avoir point connu directement.

L^œuvre certainement était lue. Ces g-rands seigneurs, ces riches bourgeois, qui faisaient somptueusement draper de velours les Politiques, n'étaient point de ceux auxquels le poète reproche d'avoir des livres précieux pour (( n'en regarder que la pel » (4j- Le nom de Nicole

1. Cf. les notices de ces Mss. suprà, p. 25-25. Le Ms. de Poitiers provient du chapitre de Reims.

2. « Traité des Monnoies, traduit du latin en françois » (Colard Mansionj « Bruges » (vers 1477)- Exemplaire unicjue: Bibl. Nat. E. 5i4.

5. Gersonii Opéra, Colonia". 1485^. t. IV, f»CCLXVHI. Cf. suprà, p. 26.

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