‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 287 sur 361 · Hertrych, Nicole Oresme, p · texte numérisé non relu

Hertrych, Nicole Oresme, p

3. M. Wolowski avait cru retrouver les idées d'Oresme chez Copernic (Traictie, Introduction, p. vi). On a signalé aussi leur influence prétendue sur Montchrétien, sur Bodin (Dessaix, Mo)dclirétien et C économie politique nationale, thèse, Paris, 1901, p. 3o ; Baudrillart, Jean Bodin et son temps, Paris, i85^, p. 494 i J.-E. Horn, L'Economie politique avant les plu/siocrates, 1867, p. io3). M. Brantz enfin fait entrer dans la filiation d'Oresme toute la série des auteurs monétaires des xv'î-xvi*' siècles : « Gabr. Byel, Copernic, Martin de Garrat, Fr. Curtius, J. d'Aquila, Albert Brunus, et bien d'autres ». Nous verrons ce qu'il faut penser de ces affirmations.

622 INFLUENCE DOCTRINALE d'oRESME

d'affirmer, parce que l'on retrouvait plus tard quelque similitude de doctrine, qu'une conception comme celle d'Oresme, qui répug^nait aussi nettement aux procédés de la science médiévale, ait pu s'imposer sans lutte dans un milieu aussi profondément féodal encore. Mais la vérité est tout autre. En réalité, le vœu d'Oresme n'a point été exaucé ; « tous les saig^es et prudens hommes » ne sont point, comme il le demandait « convenus ensemble en une vraje et proffitable sentence » (i). Après comme avant le Traité, après comme avant l'expérience pratique du règne de Charles V, la lutte de doctrine a continué. Et de même que la littérature monétaire est demeurée, comme nous venons de l'exposer, multiforme et fragmentaire, de même la doctrine s'est conservée multiple : doctrine canonique, dectrine romaniste^ doctrine aristotélicienne des « artiens )>, sont restées autant de systèmes qui pendant longtemps encore se heurtent, dont les partisans s'ig-norent et se dédaig"nent réciproquement. Et au milieu de ce combat de doctrines, le vieux droit féodal naturellement n'a pas désarmé. Sans entrer dans des énumérations fastidieuses, d'ailleurs nécessairement incomplètes, nous pouvons en juger par quelques exemples rapides.

La doctrine des canonistes d'abord est demeurée fig"ée, A vrai dire, depuis Innocent IV, elle n'a rien su créer. Affirmation, en principe, de l'identité de valeur du ling-ot et du denier (2), mais avec reconnaissance d'une certaine vertu créatrice de l'empreinte, d'un aliquantulum valoris

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