‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 66 sur 361 · V Image du Monde, 3« partie, c · texte numérisé non relu

V Image du Monde, 3« partie, c

« Monoie si fu establie

par les gens qui n'avaient mie

chascun vin, blé, bestes ne dras,

etc. . . ».

(Ms. Bibl. Arsenal 283, fol. i8i, v»). Ce passage est la reproduction en vers dun chapitre interpolé dans certains Mss. du Livre dou trésor ; Des mestres de philosofie, et por quoi ils trouvèrent momioie(l. I, parsi, c. 6, éd. Chabaille, p. 621).

avant, l'idée d'une monnaie-capital est énerg-iquement repoussée, comme on sait, et l'idée d'une fonction autre que celle de mesure ne s'est pas même présentée. Au xiii^ siècle seulement, avec la connaissance des œuvres d'Aristote, d'aulres fonctions possibles du numéraire auraient pu être entrevues, car Aristote, plus ou moins nettement, a reconnu que la monnaie agit en fait comme représentation et comme équivalent des choses. Mais il faut croire qu'à cette date déjà la définition était invariablement arrêtée dans l'école, car on ne la point modifiée. C'est par la fonction de mesure que saint-Thomas, que Gilles de Rome (i), qu'Oresme lui-même (2), quand il se laisse aller aux habitudes prises, définissent uniquement la monnaie. Et sur ce fondement, depuis des siècles la théorie du pouvoir du prince avait pu solidement s'asseoir : la monnaie étant une mesure, devait être naturellement régie par le droit commun des mesures. Or le principe juridique universellement appliqué aux mesures, dans tout le moyen âge, c'est la domanialité. Toutes les mesures, dans la conception médiévale, tous les instruments des transactions commerciales, sont de droit entre les mains du prince, non pas, comme on pourrait croire en vue d'un contrôle plus ou moins régulier, ainsi que dans nos civilisations modernes, mais véritablement à titre de propriété, et de chose directe-

1. D. Thomas iVquinat., Summa the'olog. 2^ 2'"^, q. 78 De iisura, art. I : « Peciinia aiiteni secundum Philosophum est inventa ad conimutationes faeiendas. El ita proprius et pi'incipalis pecuniae usus est ipsiiis consuraptio sive distractio, secundum quod in comraulationes expenditur. » L'assimilation est constante dans le De regimine ; « Numisma est mensura et instrumentum in permutationibus.. . Tantum est inutare monetam, quantum stateram seu quodcumque pondus. » (11, i5-i4, éd. cit., XVII, p. 170)

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