‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 73 sur 361 · Leblanc,. Traité historique des monnaies, p · texte numérisé non relu

Leblanc,. Traité historique des monnaies, p

5. Bailly, Histoire financière de la France, | 5i, t. II, p. 585. — Petit-DutaïUis. Vie de Louis VIII, c. S, p. 58 1 ; Clarnageran, ffist, de C impôt en France, p. 495.

CONCKI'TION FÉODALK DE L\ MONNAIE

ressources d tiu Etat féodal, considère essentiellement la monnaie comme une chose « utile » au prince (« ipsa cadit in commodum principis, — causatur ipsius factura commodum reg-i ») par la variété des profits qu'il en retire, propter varias proventus rjnos ex eo percipit (i). Le droit prélevé sur la frappe, in cudendo numisrnà te, eslrcconnyï en principe sans limitation (2) ; quant au profit des mutations, le docteur ne le nie pas non plus, mais recommande d'en user avec modération (inoderatus iamenesse débet). Le prince qui frappe de la monnaie dun haut titre, celui qui garde sa monnaie invariée, qui renonce par là à en tirer un bénéfice, fait, dans l'opinion commune, œuvre bonne et pie ; on l'en louera fort, et lui-même au besoin saura le faire valoir (3). Mais celui qui frappe les espèces dans un billon plus ou moins élevé, celui qui de temps en temps « mue » sa monnaie pour en titrer profit, « lequel il peut prétendre se il lui plaist » (4), ne fait en somme qu'exercer un droit légitime, et on ne peut en principe rien lui reprocher. Ni le souverain qui recueille

1. D. Thomas Aquinat. : De regimine principum. 1. 11, c. i5 (éd. cit. XVII, p. 170).

2. Les princes les plus scrupuleux ne se font point faute de lever un droit de seigneuriage qui nous paraîtrait excessif; saint Louis fixe à 58 sous le prix du marc monnayé d'argent, dont il donne aux monnaies 54 s. 7 d., ce qui lui laisse un seigneuriage de 5 s. 5 d., soit 7 0/0. Il y a pourtant de la marge de ce prélèvement encore modéré au seigneuriage du roi Jean ; en i55q, il en arrive à fixer à 18 livres le cours du marc, payé aux monnaies 4 1 10 s. Le prélèvement, serait, d'après le calcul de M. Vuiirv. de 75 o o (Vuitrv, le Rér/imi' financier de la France, I, 444).

3. « Et h nostre dite forte monnaie aurons nul ou moult petit acquest et gain, lequel Nous peut eslre très grand, si comme cliascun peut savoir » (Ordonii. du 5 déc. i36o, III, 4^^^)- Cf. Ordonn. 6 sept, l'ô^g, préambule, II, 54)-

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