‹ La théorie du microzyma et la système microbienChapitre 11 sur 55 · SEPTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LETTRE

Sommaire. — Suite de la précédente. ~ Il n'y a vie qu« là où il y a organisation; la vie n*est pas le résultat de l'organisation. — L*organlsation ne consiste pas dans une modification de la matière: elle est un arrangement, une édification, une construction en vue d'un but déterminé. ^- Développements. — La génération spontanée. — M. Pasteur avec les protoplasmistes est spontépariste. — Les diffîcnltés de la théorie cellulaire. Une nouvelle excusé, — Conclusion.

» Il n'y a pas de matière organique, par essence ou autrement, toute matière est minérale.

» L'acte de la combinaison ne crée pas dans les composés chimiques d'énergies nouvelles qui n'existassent primitivement dans les corps simples.

» L'aptitude à manifester les phénomènes vitaux, possédés par la matière dans les êtres vivants, ne résulte pas des énefgies chimiques des principes immédiats qui la composent et que l'analyse en sépare. »

Oui, d'accord avec Lavoisier et avec M. Dumas, les deux grands hommes à qui nous en devons la notion, ce que l'on nomme la matière organique, celle que plueieurs ,naturaii$tes

considèrent comme la base physiqne de la vie et même comme vivante, n'est pas autre chose que quelque combinaison du carbone^ un composé chimique comme un aulre, un acide, une base, un sel, un corps indifférent ou singulier quant à la fonction.

C'est là le résultat de l'excursion que j'ai été obligé de faire dans le domaine de la chimie pure. Le voyage n'aura pas été stérile si je parviens à convaincre tant ie savants, qui se laissent encore abuser par le fantôme de la physiologie antélavoisiérienne, que la matière purement chimique ne peut pas être réputée vivante et qu'il faut, pour le devenir, qu'elle remplisse une condition de plus. Non, un composé chimique, ce qui est minéral, n'est pas vivant !

Et en soutenant les trois propositions que j'ai inscrites en tête de cette lettre, je suis certain, d'une évidence absolue, d'être dans le vrai scientifique et expérimental le plus complet, et sans me faire aucune illusion.

Cette évidence, toutefois, n'éclate pas aux yeux des savants les plus instruits, les plus érudits, et les plus en possession de diriger le mouvement scientifique du temps présent. C'est Texcuse de l'obligation où je suis d'insister.

Je reviens donc à la troisième question que je rappelais dans ma dernière lettre et que voici :

t< Ne faut-il pas distinguer, dans la substance appelée organique, deux choses : la matière et l'organisation, c*est-?-dire la substance et la forme structurée, construite ?

Et, d'abord, il faut affirmer, avec M. Ch. Robin, « qu'il n'y â vie que là ou il y a organisation » sans que, cependant, « la vie soit le résultat de l'organisation. »

* Si l'on était bien fixé sur la signification du substantif organisatioHy que l'on définit Vétat d*un corps organisé^ la notion que vie et organisation sont idées corrélatives serait évidente et je n'aurais plus rien à dire, les gens du monde et M. Pasteur seraient sans excuse.

Mais, chose étrange, on affirme que l'organisation et la vie sont -l'apanage non pas seulement d'un mélange de composés* chimiques divers, mais résultetit des énergies chimiques de là matière minérale au point d'assurer que le marbre est vivant l

<x be toutes les modifications de la matière, la plus excellente est l'organisation », disait l'illustre Ch. Bonnet.

Je comprends ce langage chez l'auteur du système de l'emboitement et des germes préexistants ; il ne connaissait pas

alors les découvertes de Lavoisier; mais je ne le comprends pas quand je le vois employé par nos contemporains.

L^organisation ne consiste pas en une modification de la matière : organisation, selon moi, doit signifier non pas modification, mais arrangement, édification, construction en vue d'un but déterminé.

Les protoplasmistes ne pensent pas ainsi ; ils sont de Tavis de Ch. Bonnet : pour eux, le tout vivant d'un organisme procède des propriétés, des modifications, des transformations du protoplasroa, lequel, dépourvu de figure, est réputé vivant.

Contrairement à ce système, qui aboutit à rhétérogénie, je veux arriver à démontrer irréfutablement que les êtres vivants sont organisés, non pas en tant que résultant d'une modification de la matière, ou en tant que formés de combinaisons diverses du carbone associées à plus ou moins de composés minéraux, mais en tant que constitués, à l'aiçle de ces matériaux, à l'état d'instruments, d'appareils, de machines plus ou moins compliquées^ et cela jusque dans la moindre de leurs parties chacun selon leur espèce, leur race et même leur individu.

En d'autres termes, je veux démontrer que la vie ne se manifeste pas sans l'organisation et c^lle-ci sans la structure dans une forme définie, autonome, permanente, irréductible et physiologiquement indestructible parce qu elle est simple.

Lavoisier a eu cette pensée première, vivement mise en lumière par M. Dumas, qui, dans ses travaux, repaiaissant toujours dominante et agissante, a été la source de ses mémorables découvertes, savoir : « Rien ne se perd, rien ne se crée; la matière reste toujours la même, il peut y avoir des transformations dans sa forme (ou son état physique), mais il n*y a jamais d'altération dans son poids (1). » •

Pourquoi cette grande pensée, qui est comme l'axiome sans lequel il n'y aurait pas de chimie ni de physique scientifiques, n'est-elle pas admise par la physiologie ? > Si elle la reconnaissait comme l'expression d'une vérité naturelle, elle comprendrait que « l'organisation et la vie ne se produisent ni ne se créent ; mais qu'elles se • transmettent, se perpétuent et se transforment. »

La pensée première de Lavoisier a abouti à la découverte des corps simples. Cette pensée appliquée à la physiologie devait aboutir à la découverte de l'élément anatomique autonome, irréductible à une forme plus simple. Bichat, il ne faut pas

(1) Dumas : Philosophie chimiqite^ p. 157 (1836),

Toublier, a eu ridée claire que le support des pi'opriétés vitales^ ce en quoi la vie réside autonomiquement, doit être quelque chose d'anatomiquement simple, comme les corps simples lavoisiériens le sont chimiquement.

Certes, si la démonstration de Thypothèse de Bichat pouvait être fournie, évidemment, bien des erreurs, si ce n'est des malentendus, seraient dissipés.

Et d'abord le problème concernant la génération spontanée n'aurait pas de nouveau été posé dans la seconde moitié de v,e siècle.

Rassurez-vous, je ne veux pas rentrer dans les discussions qui, de 1838 à 1868, ont agité les savants au sujet de la génération spontanée de certaines catégories d'êtres organisés. Ces discussions, d'ailleurs, n'ont en rien modifié l'opinion de ceux qui cherchent à se convaincre que la vie procède de Ja matière cosmique. Je veux seulement constater les résultats de leurs expériences pour les appliquer à la critique du système protoplasmique et des doctrines microbiennes.

Ce n'est pas ma faute, c'est celle de mon sujet si, en apparence, je m'éloigne de la pathologie générale pour entrer dans le domaine de la physiologie générale après mon excursion dans celui de la chimie. C'est là, d'ailleurs, une affaire qui intéresse au plus haut degré la médecine scientifique et peutêtre aussi la médecine pratique.

Je l'ai fait remarquer en passant, dans la cinquième lettre, les microbes de M. Pasteur sont des vibrioniens. Or, cela est extrêmement remarquable, les organismes microscopiques, quels que soient les nomsqu'onleur donne, que l'on étudie, depuis Davaine, dans un grand nombre de maladies virulentes, infectieuses et contagieuses ou non, sont toujours des «;i6nomens; ils sont considérés comme des parasites dans les organismes malades où ils sont aperçus, parce que Davaine a supposé que leurs germes ont pénétré de l'atmosphère dans cet organisme. Au sujet de la découverte de Davaine, et pour rendre justice même aux morts, il convient de rappeler que le savant français qui a le mieux étudié les infusoires, Félix Dujardio, a consigné ce que voici dans un de ses ouvrages : a Non seulement les infusions animales et végétales, dit-il, mais encore des différents liquides de l'organisme, la salive, le sérum, le lait et le pus, quand ils commencent à s'altérer, la matière pulpeuse qui s'amasse autour des dents, les sécrétions morbides, etc., peuvent présenter une quantité prodigieuse de vibrioniens. On conçoit, d'après

cela, qu'on ne sérail nullement foudé à attribuer à leur présence la cause dv, certaines maladies» (1). Dujardin écrivait cela en 1841 ; l'attention était donc déjà éveillée sur le rôle pathologique possible des vibrionieas.

Mais quelle était l'origine des vibrioniens que Dujardin observait dans les divers milieux dont il donnait Tt^'iiuinération? Le savant zoologiste ne s'en est pas expliqué. Pouchet, en s'appuyant d'expériences dont plusieurs étaient irréiirocbables, assurait qu'ils étaient le fruit de la génération spontanée. M. Pasteur soutenait, au contraire, que, dans toutes le» expériences de Pouchet comme dans les siennes propres, ils sont toujours le résultat de l'éclosion d'œufs ou du développement de germes tombés de l'air dans les infusions ou les macérations .

Pouchet, esprit très distingué, observateur sagace, sa/anl éminent et espérimentatetir consciencieux, mourut convaincu de ne s'être pas trompé, et la question resta indécise de savoir si les vibrioniens observés par lui étaient oui ou non le résultat d'une naissance spontanée. M. V. Meunier et M. le docteur Pennetier, l'ami et le disciple de Pouchet, ont toujours soutenu le contraire de la manière de voir de M. Pasteur, c'est-à-dire que des vibrioniens 'peuvent apparaître dans des circonstances où l'on est en droit d'affirmer qu'ils ne proviennent pas de germes ou d'œuts venus de l'atmosphère. Et nous verrons que ces habiles expérimentateurs, à ce dernier point de vue, avaient raison contre M. Pasteur.

Cependant, si les vibrioniens ne sont pas les produits de la génération spontanée et si, dans certaines expériences fort bien conduites et irréprochables de Pouchet et de M. V. Meunier, ils ne proviennent pas des germes de l'air, quelle ust leur ori- ■ gine? C'est ce que la théorie du microzyma nous apprendra.

En attendant, et sans vouloir remonter aux études anciennes de Spallanzani, ni à celles antérieures à iSS8 de M. Scliultze, de MM. Schrœder et Dusch, de M. Heimboitz, de M. Ure ou de Claude Bernard qui concluaient contre l'bétérogéni^ en général, i! est certain que M. Pasteur a conclu d'expériences semblables à celles de Spallanzani, de MM. Schrœder et Dusch et de Claude Bernard que la génération spontanée, même des vibrioniens, est chimérique. Par une autre voie, avant M. Pasteur et ensuite avec lui, j'étais arrivé à la même conclusion.

Or, les infusions ou les liquides, objets de ces expériences,

(1) Félix Duj8rdin,ffI»ioir«naittreite des ïoopft)/(os; Intusoirea. p. 211 (1841

étaient préparés avec des matières animales ou végétales les plus diverses et les plus complexes ; pour ma part j'ai opéré sur le blanc d'œuf, sur le sérum sanguin et sur des liquides ecDactement filtrés provenant d'animaux sains ou dans Tétat pathologique, ainsi que sur des solutions de mélanges artificiels dA principes immédiats les plus semblables ou identiques à ceux que Ton admet dans les blastèmes. Dans de pareils mélanges, dans les conditions les plus favorables à la manifestation des phénomènes vitaux, rien d'organisé n'apparaît spontanément qui soit le support de la vie.

C'est donc un fait démontré et vérifié, la vie, même sous la forme de moisissures ou d'infusoires très simples, fût-ce des vibrioniens, ne se manifeste pas dans des substances comme celles dont les auteurs supposent qu'elle procède naturellement. Gomment se faisait-il donc qne des naturalistes savants tels que Pouchet, M, le D"" N. Joly, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse^ et leurs collaborateurs ou disciples, ne fussent pas convaincus par cet ensemble d'expériences absolument démonstratives?

Ah! c'est qu'ils étaient abusés par le fantôme dont je parlais. Ecoutez :

a Afin d'éviter toute équivoque, disait M. le D' N. Joly, nous déclarons une fois pour toutes que nous n'entendons pas par ces mots hétérogénie ou génération spontanée une créortion faite de rien, mais bien la production d'un être organisé nouveau, dénué de parents, et dont les éléments primordiaux sont tirés de la matière organique ambiante. »

La matière organique dont il s'agit n'était autre que celle des êtres organisés, végétaux et animaux, du monde actuel* Cette matière organique ambiante, Pouchet et M. Joly admettaient, avec Needham le spontépariste contre qui Spallanzani expérimentait au xviii® siècle, qu'elle était douée de facultés génésiques ou productives^ en vertu desquelles naissaient; sans parents, les êtres nouveaux, infusoires ou vibrioniens, qu'ils voyaient apparaître dans les infusions ou les macérations.

Spallanzani et après lui MM. Schrœder et Dusch, etc, ainsi que M. Pasteur, faisaient bouillir leurs infusions ou macéra, lions afin de tuer les germes que l'air pouvait y avoir introduits. Mais Pouchet, ainsi que l'assurait également Needham, soutenait qu'on stérilisait les infusions, non pas en tuant de prétendus germes, mais en détruisant leurs facultés génésiqu^s ou productives.

Cette manière de penser était d'ailleurs si peu ridicule, que M. Paste'ur n'a fait que l'exprimer en d'autres termes, lorsqu'il a assuré que les matériaux de l'intérieur des corps vivants sont « doués de vertus de Iran-iformalion que Vébullition détruit, » sans autrement spécifier en quoi ces vertus résident.

Et pour lever l'objection relative à la destruction des facul- (['s génésiques par la chaleur, M. Pasteur a fait ses fameuses espériences sur le sang et sur l'urine à l'état naturel dont j'ai fli'Jù çarlé. Dans le même but, M. Gayon, élève de M. Paslour, a fait des expériences sur les œufs pour me les opposer. JMuis laissons M, Pasteur nous redire lui-même les résultats ûi: ces expériences. « M. Gayon, dit-il, a démontré que ce qui était vrai pour le sang et pour l'urine était vrai aussi pour le contenu des œuts. On peut exposer aussi longtemps qu'on le veut, au contact de l'air en repos ou en mouvement, le blanc dû l'œuf, le jaune ou te blanc et le jaune réunis, sans que ta jiut réfaction ni aucune fermenlation s'y déclare, sans <]u'on vciie apparaître le moindre organisme microscopique, à ta seule condition que l'air soit débarrassé des poussières organiques, girmes de moisissure, de bactéries, de vil>rions, etc., qu'il lionL en suspension, . . Ses recherches ont prouvé, en outre, que la putréfaction spontanée des œufs est toujours le produit lie ta multiplication de ferments organisés, ce qui a heureusemont rectifié les résultats contraires annoncés par M, Donné et pur M. Bécbamp, qui avaient cru observer que l'altération des œufs s'accompNssaii hors de toute action des vibrioniens ou des mucédinées » (1).

Après quoi M. Pasteur continue en ces termes : « 11 est presque superflu de faire remarquer combien les résultats de ces expériences sont directement contraires à la doctrine des Ltéiiérations spontanées. Tant que les expériences relatives à hi question des générations dites spontanées, ont porté sur des minières cuites, les partisans de l'hétérogénie pouvaient préti'Lidre que ces matières ne satisfaisaient point aux conditions df ta vie spontanée, mais qu'il en serait autrement avec des ■ liquides organiques naturels; que ceux-ci exposés au contact de l'air pur seraient propres sans doute à la production d'êtres iLouveaus non issus de p3rentssemblablesàeux(2). » Enfin, tes expériences sur la sang « nous offrent, dit-il plus loin, des iiiulières albuminoïdes naturelles qui font partie de matières

II] L. Pasteur : Eludes sut la bière, p. 50.

{-2) Ibid., p. 57.

éminemment putrescibles et fermentescibles, et qu'elles ne donnent naissance à des ferments d'aucune sorte quand on les expose au contact de l'air privé de ses poussières organiques ! Dans aucune circonstance connue, la matière albumineuse ne se transforme en grains de levure ni en d'autres ferments organisés quelconques (1). »

J'ai déjà réservé Tinterprétation des expériences de M. Pasteur sur le sang; je réserve aussi l'expression de ma manière de voir sur la façon dont le célèbre chimiste expose les résultats des recherches de M. Gaybn sur les œufs. Mais il est de grande importance de retenir que M. Pasteur met sur le même rang les matières cuites et le sang ou lès œufs, en tant qu'il s'agit de la naissance spontanée de la levure et desvibrioniens ; bref des ferments organisés quelconques.

Oui, M. Pasteur l'affirm'e avec force et conviction : non seulement les matières cuites, les infusions ou macérations de substances végétales et animales ne produisent pas spontané-» ment des vibrioniens, mais il en est de même des matières albumineuseS; du sang et des œufs. Pourtant rien n'est si semblable à un protoplasma que les matières albumineuses ou le sang ; quant aux œufs ils contien'nent le protoplasma lui-même.

A l'égard du sang, des œufs et même de l'urine, M, Pasteur est dans l'erreur; mais cette erreur donne plus de force à sa démonstration. Il est donc certain, d'une certitude expérimentale déduite des recherches de tous lès savants les plus compétents, que la matière organique la plus complexe par composition ou mélange est incapable, par elle-même, de produire quoi que ce soit de vivant, puisqu'elle ne peut pas même donner un vibrionien.

M. Virchow, lui aussi, bien que cela contrarie se^ idées philosophiques, a nié la génération spontanée. Le célèbre auteur de la Pathologie cellulaire l'aflSrme positivement :

« On n'en est plus à regarder certaines substances, certains liquides comme plastiques (matière plastique, blastème, cytoblastème, c'est-à-dire protoplasma) (2),

» Il n'y a pas de création nouvelle; elle n'existe pas plus pour les organismes complets que pour -tes^léments particuliers. On n'a plus le droit de supposer que les éléments vivants proviennent de parties non organisées » (3) .

(1) iWd., p. 53.

(2) Pathologie cellulaire, p. 22*23.

(3) Ibid.

Il faut donc sovitentr, comme une vérité de l'ordre scientifique et expérimental le plus certain, que les énergies physiques et chimiques des corps simples et de la matière organique chimiquement définie ne peuvent pas, spontanément, se transformer ilaiis ces autres énergies dont on constate l'existence dans les èfres organisés et dont on a désigné l'ensemble des manifestal'uiifi par le mot vie.

M. Virchow, reconnaissant comme démontré que les éléments an^uaiiiiques des organismes complets sont vivants et qu'ils ne proviennent pas de la matière purement chimique, mais de ce qui est déjà organisé, a considéré la cellule comme l'unité vitiik', l'élément organisé ayant-la vie en soi, vivant per se d'où procède l'organisation et la vie de l'ensemble. Et cette conccptioD, qui dérive de la doctrine de Bicliat, c'esl-à-dire qui est de deux médecins, devrait frapper les médecins.

Miis M.. Pasteur, qui ne reconnaît pas de parties vivantes dans le sang, ni dans l'oeuf, ni dans l'intérieur des corps pour n'y l'oir que des substances chimiques telles que la vie les élabora., d'où fait-il provenir les organes et les éléments anatonii'ines des organismes vivants? La même question s'adresse ùgalement aux protoplasmistes.

En fait, M. Pasteur et le système protoplasmique aboutissent il ]:l génération spontanée de toutes les parties structurées de roi'^atiisme animal ou végétal.

I.Q théorie cellulaire, qui était enseignée à la Faculté de Strasbourg par Kùss avant de l'être par M. Virchow en Allemagne, résolvait le problème de l'organisation par l'hypothèse du la cellule autonome, vivante per se. Mais cette tliéorîe n'a pas tenu ses promesses; la cellule n'est pas cet élément vital, siinfile et non tiansitoire que la philosophie réclame; on a rt^ronnu qu'il existait des tJSRUS sans cellules, et pourtant vivanls; voilà, comme je l'ai fait déjà remarquer, pourquoi l'on il olierclié dans la théorie du blastème la solution des difficultés qui: la théorie cellulaire ne résolvait pas.

C'est également un fait et c'est aussi pourquoi les expériences si démonstratives établissant que la matière chimique ne peut pas. d'elle-même, se constituer à l'état d'organisme vivant, l'ùl-ie d'un vibrionien, sont considérées comme non avenues |iiir les naturalistes quand il s'agit de la naissance primordiale des organismes vivants en général, 11 est absolument nécessaiii! de fournir la preuve de ce fait remarquable, car cette preuve sera l'escuse de M. Pasteur et de ceux qui, après lui,

ont si aisément adopté les doctrines microbiennes comme l'expression d'une vérité expérimentale.

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