‹ La théorie du microzyma et la système microbienChapitre 23 sur 55 · VINGTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME LETTRE

SoHHAiRB : Le phénomène de la destruction de la cellule de levure et Tune de ses conséquences. — Le système microbien suppose autant d'espèces de

• germes qu*il y a de formes Ylbrioniennes. —Cette supposition est erronée. — Influence des milieui sur l'évolution des microzymas en vibrioniens. — Bactéries et microzymas du canal alimentaire dans l'état de santé et dans un état pathologique relatif. — Évolution bactérienne des microzymas et régression des bactéries en microzymas. — L'alcnlinitô et l'aeidité relativement au développement vibrionien. — Influence du milieu nutritif. — M. Pasteur et une citation. — Un jugement téméraire. — Erreur enracinée et tenace. — Influence dominatrice d'un violent désir. — Critique de deux expériences. — Interprétation vraie de ces expériences. — Doutes et illusions. — Efl'ets sans cause. — Conclusions.

L'exposition des faits, concernant les microzymas et leurs relations avec les vibrioniens, qui ont été découverts de 186S à 1876, n'est pas achevée. Il importe, avant tout, de faire connaître une observation très significative qui a été inspirée par l'expérience concernant la destruction de la cellule de levure de bière. C'est la dernière dans cet ordre d'idées, que nous ayons faite en commun, M. Ëstor et moi : il s'agit des vibrioniens du canal alimentaire. Après l'avoir exposée je me propose de rechercher si l'expérience sur le sang a la signification que M. Pasteur lui a attribuée et si le môme savant avait qualité pour juger les faits qui ruinent le système microbien.

L'étude de la destruction de la cellule, de levure de bière me paratt de plus en plus particulièrement instructive ; j'aurai à m'appuyersur elle pour répondre, comme je l'ai fait à l'Académie de médecine, au système des organites générateurs de microbes parasites tel que M. Bouchardat l'a énoncé pour l'opposer au système des germes préexistants de M. Pasteur.

Rappelons-nous-le, lorsque la levure est placée dans un milieu dont elle ne peut pas se nourrir, elle se détruit : c'est là que j'ai observé avec le plus de netteté le fait qu'après les microzymas, simples ou évolués en microzymas associés, des vibrions, des amylobacters ou tous les deux à la fois, dans certain milieu, précèdent l'apparition des vraies bactéries. Le système des germes de l'air, pour expliquer la naissance des diverses formes apparues, aurait supposé autant d'espèces différentes de ces germes que de ces formes considérées comme spécifiques. Mais l'hypothèse déjà ruinée par la base, tombait, en outre, devant l'observation que les bactéries disparaissent à leur tour et que, finalement, il ne reste de toutes

les formes apparues que des microzymas et quelque chose de très voisin du Bacterium termo.

On voit par là combien le système microbien est erroné : i! prétend que chaque forme vibrionienne provient du développement d'un germe particulier qu'il ne connaît pas, tandis que l'expérience prouve que certaines formes, dérivées primitiveiiiojit du microzyma peuvent provenir de vrais vibrions, d'amylobacters ou, par régression, de vraies bactéries. La possibÛité du retour des bactéries et de toute forme vibrionienne au microzyma est un fait d'une haute portée non seulement physiologique, mais, nous le verrons, aussi philosophique. D'autres observations faites sur plusieurs espèces de moisissures, mais qu'il est inutile de rapporter, conduisaient à la même conclusion. Il importait de vérifier que sur le vivant des faits analogues pouvaient se présenter, afin de pouvoir, avec confiance, appliquer à la pathologie des résultats obtenus dans des expériences de laboratoire faites in vitro.

Dans l'intimité des organes les miçrozymas conservent,- jM^ndant l'état de santé, la forme sphérique; mais, dîsais-Je, il n'en est pas de même dans le canal alimentaire ; là les miçrozymas peuvent ôtre accompagnés de bactéries et des formes (]ui les précèdent dans l'évolution de celles-là. C'est de l'étude des vibrioDÎeas du canal intestinal qu'il va s'agir; les événements de ces derniers temps la rendent fort opportune. C'est pour ne l'avoir faite que très superficiellement que M. l'asteur, M. Kocb après lui et MM. Straus et Roux après eux, ont été ai embarrassés et ont commis tant d'erreurs.

Nous savons, désormais avec certitude, que l'intluencc dos milieux sur l'évolution des miçrozymas est considérable; qu'elle l'est non moins sur la destruction des cellules et cette notion expérimentale a une haute importance en pathologie. Un n'y peut donc pas donner trop d'attention.

Or, le canal alimentaire offre des milieux variés, depuis la cavité buccale, l'estomac et au delà. A la suite de l'expérience sur la régression de la levure de bière dans l'empois, nous avons résolu de rechercher queJle est l'intluence de ces milieux sur l'évolution des miçrozymas que l'épithéiium de ce 'canal, ses tissus et les aliments y introduisent sans eusse. Cette recherche, pour être dégoûtante, n'en est pas moins lort instructive.

La salive humaine normale contient des cellules de l'i'iiithélium, entières ou leurs débris et quelquefois des leacocytes;

des bactéries ou Leptothrix Imccalis de diverses longueurs et parfois m<^me des vibrions; il y existe nécessairement aussi des, microzymas. Les mêmes organismes se trouvent dans les salives du chien, du bœuf, du cheval. L'étude des éléments organisés des salives sera failu plus tard; elle permet la démonstration directe que leurs vibrioniens ne proviennent point du développement des germes de l'air. Il convient de noter quii, normalement, dans l'état de santé, la salive humaine est :> réaction alcaline.

Naturellement les infusoires et les microzymas de la salive avec les cellules épithéliales de la bouche pénètrent dans l'esloraac avec les aliments insalivés; qu'y deviennent-ils? Selon M. Ch. Robin « les leptothrix (bactéries) ne se trouvent pas & l'état normal dans le contenu de l'estomac et de l'intestin de l'homme ; mais ils s'y développent de dix à vingt-quatre heures après la mort chez les suppliciés et pendant la vie durant un t^Tund nombre de maladies (1). « C'est, paratt-il, l'opinion commune, que les bactéries n'existent pas dans l'estomac et dans l'intestin, si ce n'est pathologiquement. En léalîté on lr<juve des bactéries et des microzymas dans les fèces humaines tiaiis l'état le plus physiologique ; le premier méconium en contient déjà chez les enfants les mieux portants au moment du rejet; on peut même découvrir le bacille courbe ou en virgule dans le méconium ou les fËces de très jeunes enfants. M;Lis n'anticipons pas, ces faits seront rapportés quand je disculei-ai le mémoire de MM. Straus et Roux et le bacille en vir- ^'ule de M. Koch; pour le moment je ne veux m'occuper que (le ce que l'on peut obserwr chez le chien adulte.

Supposons que l'on sacriûe un tel chien pendant qu'il est en pli.ine digestion d'un repas de viande ou de lait, de pain et <|{{ lard. Tout le tube digestif étant enlevé après avoir appliqué une ligature à cliacune des extrémités, voici ce que l'on nhserve.

Deux cas ne sont présentés: le chien n'a pas de tœnia ou est porteur d'un de ces cestoïdes.

\.ei deux cas sont très dignes d'attention.

Dans le premier ainsi que dans le second, V estomac coalienl des bactéries. Soit dans la masse des aliments en digestion, soit à la surface delà muqueuse on découvre des microzymas, mais surtout des microzymas associés, de petites bactéries mobiles, des chapelets de bactéries, de grandes bactéries etmême

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