Ch Robin; Traité dtt microscope, etc. p.C09, JS
des baciéridies. Et ce fait doit être très général, car dans le lait caillé retiré d'un caillette d'agneau, aussitôt que l'animal avait été abattu, il y avait beaucoup de bactéries (1).
Dans Yintestin grêle, généralement on ne rencontre pas de bactéries, même dans toute sa longueur, mais seulement des masses de microzymas. Souvent, dans la première partie du duodénum il y a encore quelques bactéries, mais elles disparaissent bientôt. Le pylore forme donc comme une ligne de démarcation au delà de laquelle il n'y a plus que des microzymas.
Le gros intestin contenait des bactéries de toute grandeur en nombre énorme. La valvule iléo-cœcale forme une nouvelle ligne de démarcation ; très près de cette valvule, dans la dernière portion de l'iléon on peut déjà apercevoir des bactéries, mais ordinairement en petit nombre. On peut trouver des différences, dans la forme et la grandeur de ces bactéries, lorsqu'on examine séparément le contenu du caecum, du côlon et du rectum, mais elles ne manquent jamais ; dans le rectum les microzymas sont généralement plus abondants.
Dans le second cas, lorsqu'un tœnia est présent, les choses sont notablement différentes, comme si l'influence du parasite s'exerçait au loin. Ainsi dans les premières portions de Tintestin grêle il y avait, outre la foule des microzymas, quelques bactéries granuleuses et beaucoup de cellules d'épithélium cylindrique très granuleuses à contour mal délimité et se désagrégeant ; à trente centimètres de Testomac il y avait encore des bactéries; un peu plus loin, là où était le taenia, les bactéries sont, au contraire nombreuses ; plus loin, où le taenia n'est pas, dans la portion libre de l'intestin les bactéries étaient rares ; à vingt-cinq centimètres il y avait une foule de bactéries naissantes et dans le gros intestin elles étaient volumineuses (2).
Voilà la nature prise sur le fait et la vérification physiologique des expériences in vitro. Le systèmr des germes a beau faire, il n'explique pas pourquoi les choses sont ainsi et il, ne pouvait pas les prévoir: qu'il s'agisse de l'état de santé parfaite ou d'un état pathologique relatif, les phénomènes sont, au fond, les mêmes : les microzymas peuvent devenir bactéries
(1) A. Bécharap : Mémoire sur les matières albumindîdes» Recueil des Mémoires des savants étrangers, t. XXVIII, n» 3, p. 111.
(2) A. Bécamp et A. Estor: Faits pour servir à l'histoire des microzymas et des bactéries. Transformation physiologique des bactéries en microzymas et des microzymas en bactéries dans le tube digestif du même animal. Comptes rendus t. LXXVI, p. 1143 (1873).
par évolution et les bactéries redevenir microzyntas par régression. £t il ne faut pas s'imaginer qu'il y ait contradiction entre les deux faits ; par des considérations del'ordi-e physiologique II: phis élevé, il sera prouvé que cela doit être ainsi.
Il serait oiseux de rechercher ai les bactéries de l'estomac ne sont pas celles de la salive plutôt que le résultat de l'évolulioii des microzymas soit des aliments, soit de la salive, soit de la muqueuse gastrique; il serait même oiseui de vouloir t«nir compte de l'influence possible des germes de l'air (quoiqu'il puisse être prouvé, ainsi que cela sera fait, que les microzymas atJiiOsphériques ne sont pour rien dans les propriétés des infusoires intestinaux); ces recherches portent avec elles un enseignement d'une plus haute portée. .
On a écrit, M. Pasteur entre autres, que l'acidité des milieux {^st un obstacle à l'évolution bactérienne et que l'alcalinité la l;ivorise. C'est encore là une de ces assertions prématurées qui sont le fruit d'études superficielles dont les recherches que je résume montrent l'inanité. En effet, les bactéries de la salive .si>nt nées dans un milieu normalement alcalin; celles de l'es^ lomac existent dans un mélange normalement et nécessairement acide pendant la digestion; il m'est d'ailleurs souvent iirrivé d'extraire de l'estomac d'un chien à jeun, muni d'une tislale gastrique, un liquide h réaction alcaline oiï les microzymas gastriques étaient normaux, jouissant de toutes leurs (iropriétés, sans aucune bactérie. Mais le suc intestinal est naturellement alcalin et c'est précisément dans l'intestin grêle que les bactéries disparaissent. Il y a donc autre chose à considérer que la réaction acide ou alcaline des milieux ; l'imporlaiit ce sont leurs propriétés nutritives; ce sont elles qui exercent la plus grande influence; j'entends la propriété nutritive à l'égard des bactéries : je dirais volontiers que le suc intestinalosL dyscrasique à leur égard. Mais qu'un tœnîa vienne à modifier le milieu nutritif, aussitôt les bactéries reparaissent, etc.
Dans un autre ordre didées j'aurais encore à signaler d'autres recherches dont les microzymas ont été l'objet durant la même période. Pour ce qui est de l'origine des vibrioniens voilà, à |ieu près, l'ensemble des faits nouveaux tels qu'ils ont él#. découverts et publiés avant 1876, l'année où M. Pasteur a fait pal'uitre ses Etudes sur la bière. C'est dans cet ouvrage qu'il a communiqué au public ses idées et sa doctrine. G' est là aussi qu'il •■I cherché a discréditer a la fois les microzymas et mes recherches.
Les faits que j'ai encore à exposer, et dont la connaissance
est indispensable pour la solution du problème que j'ai en vue n'ont pas directement trait à la question de l'origine des vibr ioniens, qui est résolue, mais ils supposent la réalité des faits déjà exposés. Ces faits, M, Pasteur n'a pas pu les contester et, vraiment, il ne les a pas contestés ; mais il les a tournés et, après les avoir, interprétés dans son système, il s'en est attribué la découverte ; il ne s'agit pas de cela pourtant, car il suffit que la vérité éclate, peu importe à qui le public en attribue la manifestation ; mais il s'agit du système el, dans l'intérêt dje la Science, de sa fausseté à rendre de plus en plus évidente.
Les mîcrozymas eux-mêmes, que M. Pasteur avouait ne pas voir et dont il disait ne pouvoir s'en faire une idée ; qu'il déclarait et faisait déclarer par ses élèves, être les produits de mon imagination ; . oui, les microzymas eux-mêmes ne sont plus niés par lui. Mais, selon le môme procédé, essayant de les tourner, il les compare aux granulations moléculaires^ dont il ne s'était pas douté ni préoccupé auparavant, et déclare que ce sont là « des choses encore indéterminées » (i) ce qui ne l'empêche pas de s'écrier superbement ;
« Les mots vagues conviennent aux connaissances vagues. Quand la précision dans les termes ne correspond pas à des idées nettes résultant elles-mêmes de l'observation de faits rigoureusement étudiés, il arrive tôt ou tard, que les faits imaginaires disparaissent, mais les mots créés prématurément pour les représenter, restent dans la Science, avec une signification erronée qui nuit au progrès au lieu de le servir (2). »
C'est ma foi fort bien dit ; le rhéteur le plus accompli n'aupas mieux trouvé; mais c'est un jugement téméraire.
Évidemment, les personnes qui, ne pouvant remonter aux sources, lisent cela dans le livre oîi le célèbre microbiste a si magistralement abîmé le jugement de celui qui a imaginé les microzymas sans s'apercevoir que les granulations moléculaires sont « quelque chose d'indéterminé », ne manquent pas de penser qu'en. 1876 je ne m'étais pas encore occupé des granulations moléculaires en général, de celles des organismes vivants en particulier, et qu'avec M. Estor je n'avais pas prouvé que certaines de ces granulations sont précisément des microzymas pouvant, comme ceux de l'air et de la craie, devenir vibrioniens par évolution. Et naturellement, ces personnes se
(1) L. Pasteur, Études sur la bière y p 120.
(2) L. Pasteur, Études sur la bièrCy p. 121.
disent que le système des germes morbifiques préexistants repose sur les fondements les plus solides, attendu que la sagacité de celui qui Ta conçu, et qui, tout à coup, a découvert Tindétermination des granulations moléculaires, ne se sert jamais d'expressions vagues et que « la précision dans les termes » lui est habituelle, parce qu'elle est, chez lui, la conséquence a de l'observation 4^ faits toujours rigoureusement étudiés » .
Lorsqu'une erreur est aussi enracinée, qu'elle est défendue par de tels moyens, ce n^est pas assez de la signaler en lui opposant la vérité reposant sur les faits les plus incontestables ; il faut découvrir les causes de sa ténacité. A mes yeux il y en a deux. L'une est générale ; nous la connaissons : elle dépend du préjugé protoplasmiste de la matière vivante non morphologiquement définie. M. Pasteur est profondément imbu de ce préjugé; sa fâcheuse influence empêche de la déraciner. Vautre est particulière et tient aux travaux de M. Pasteur, entrepris sous l'empire des doctrines protoplasmistes et de l'hypothèse des germes morbifiques préexistants.
Je n'ai plus à dire en quoi consiste le préjugé dominateur qui a égaré mon savant contradicteur ; mais je rappelle, parce que cela est nécessaire, qu'il a fait entreprendre à M. Pasteur des expériences, notamment celle sur le sang, pour prouver que l'Intérieur du corps des animaux est comparable au contenu d'un vase rempli de vin, de bière ou de moûl, où n'existe aucun germe de vibrionlen, c'est-à-dire rien do vivant per se, 'et, par suite, aucune cause de transformation .
Je n'éprouve aucun plaisir à critiquer les travaux d'autrui et, quoique vivement pris à partie dans le Livre sur la bièrey ce n'est pas par représailles que je vais appliquer à quelques travaux de M. Pasteur, qui ont trait à la physiologie ou à la pathologie, la mesure qu'il a lui-même choisie pour l'appliquer inconsidérément à mes recherches sur les microzymas ; mais afin de bien faire ressortir que c'est seulement grâce à de prodigieuses illusions que ce savant s'imagine avoir fondé les doctrines microbiennes sur a l'observation de faits rigoureusement étudiés ». Ces illusions sont la cause pour laquelle M. Pasteur, ne voulant pas reconnaître qu'il a mal observé et mal interprété certains faits, persiste dans son erreur veut» et à tout prix, écarter la théorie du microzyma qui les explique.
Lorsqu'on étudie attentivement les tiavaux sur lesquels ce
saTant aime à s'appuyer pour soutenir ses doctrines microbiennes, il est impossible de ne pas s'apercevoir, bientôt, qu'il les a entrepris sous l'iniluence dominatrice du violent désir de faire triompher l'hypothèse favorite des germes préexistants et le préjugé protopiasmiste qu'il n'y a pas de germci de vihrîoniens dans l'intérieur du corps des animaux. Cette préoccupation, éclate déjà dans son Mémoire concernant la cause qui fait putréfier l'urine ou cailler le lait. Cette cause, selon lui, n'existe pas naturellement dans l'urine ou dans le lait, qu'il considère simplement comme des liquides très altérables ; elle i-éside primitivement dans l'air. M. Pasteur multiplie les expériences pour le prouver; il obtient quelquefois des résultais qui l'étonnent, le troublent, le rendent hésitant; par exemple, le lait bouilli, mis au contact de l'air calciné, ne se caille pas moins et des vibrions apparaissent. Il cherche à expliquer ce fait en invoquant l'alcalinité du lait, qui empêche les germes de l'air d'être tués à 100 degrés; mais, évidemment, il n'est pas satisfait; il trouve qu'il y a quelque chose d'étrange dans le fait que les germes de l'air ne sont pas tués à 100 degrés d;uis le lait, et il s'écrie :
a J'aurtis bien désiré rechercher quelle est la véritable origine des gcvJuus des vibrions qui apparaissent dans le lait bouilli à 100 degrés, puis (.'ijiuiié i l'air calciné. Ces germes existent-ils dons le lait naturel? Cela n'est yan impossible (1). a
La question était posée :
a Les germes des vibrioniens existent-ils dans le lait naturel? La réponse qui se présenta d'abord à l'esprit a été que « i:i;i.a n'est pas impossible. »
C'est, en effet, l'impression première qui se dégage de l'i'X.périence. Si M. Pasteur, pour avoir & des idées nettes résuilanL de l'observation de faits rigoureusement étudiés », y avait regardé de près, il aurait pu voir ces germes, car les rBs&ources ne lui manquaient pas ; mais il était dominé par le préjugé et par l'hypothèse favorite. Aussi ne va-t-il pas à la recherche de la véritable origine de ces germes et continue comme ceci :
' Cependant je suis plus porlé à croira qu'Us appartiennent simplonLciit BUT poussières qui tombent dans le lait pendant el après la traite, ou i|ui se trouvent toujours dans les vases employés pour recueillir le lait. ■■ (2)
(1) L. Pasteur : Annales de chimie et de physique, 3" série, t, LXIV, |i. Wf' 1862).
(31 Ibid.
Mais, ëtro a plus porté à croire » une chose plutât qu'une Qutrt>, n'équivaut pas à une démonstration. Je conclus donc iL'gitimement que M. Pasteur, )ui-m6me, avoue qu'il n'a pas prouvé que l'unique cause de la coagulation du lait réside dans les poussières qui y tombent de l'air, et en outre, que ce liquida ne contient pas de germes de vibrionicns.
,1'uilmets sans peine qu'en 1862 H. Pasteur ne pouvait pas ;ipLTc6voir des objets d'une aussi exquise petitesse que les niicTOzymas du lait, puisque, en 1870, il avouait n'avoir pas |iu se faire une idée de ceux de la flacberie, pourtant plus aibOriient visibles ; ce qui, pour le dire en passant, nous prouve qui; M. Pasteur ne savait pas non plus se faire l'idée d'une l^ranulation moléculaire. Pour les découvrir, il fallait y être préparé par l'ensemble des recherches qui ont précédé la découvorte des microzymas de l'air et de la craie ; or cette idée dii'i^ctrice manquait au savant chinitsle. Mais depuis que je lui ait montré la voie, comment se fait-il qu'il s'obstine dans son erreur au point que, en 1879, un de ses élèves soutenait uiKi Thèse en Sorbonne pour prouver que la cause unique de la (oiigulation du lait réside dans des germes atmosphériques qui échappent à netre investigation ? Dans un litre de lait 11 y a des centaines de milliards de microzymas. L'occasion était bonne pour dire publiquement qu'ils n'existent pas : cependant M. Chamberland n'a pas dit un mot de mes expériences ! Ali ! le désir violent de faire triompher un système ! ! Quoi qu'il en soit, M, Pasteur n'ayant pas i-éusai à « introduire dans ses ballons, en présence de l'air chauffé, du lait naturel, n'iiyant eu aucun contact avec l'air ordinaire, salin de prouver qu'il ne se caillerait pas et que des vibrioniens n'y apparattniient pas parce qu'il ne contient pas de germes, imagina sa laineuse expérience sur le sang, dont je vous ai entretenu dans la 4* Lettre. J'y disais que cette expérience m'avait été "[i|iosée pour nier l'existence des microzymas et que je me réservais de l'interpréter au profit de la théorie du raicrozyma ' n laisant voir ce que son auteur y avait négligé.
Celte expérience mémorable, M. Pasteur lui-même la quaUlir ainsi, est de 1863. Or, treize ans après, dans son Livre sur lu ùiire, et même en 1881, au Congrès médical international de Londres, malgré tous les faits publiés, concernant le sang, i|ui doraient le faire réfléchir, il la tenait pour aussi démona- Iralive qu'à l'époque où il l'avait préparée avec le concours de (;iuude Bernard. Parce que, dans le sang conservé dans ses
l>a]Ions, il n'avait pas aperçu de bactéries et que ce saug ne répandait pas l'odeur de la véritable putréfaction, il concluait qu'il n'y avait pas de germes de vibrioniens dans le sang d'abord et dans l'intérieur ^du corps humain ensuite. Mais le sang n'était pas resté inaltéré comme l'aurait fait un liquidci tel que le moût, le vin ou la bière, conservé dans les mêmes conditions; il s'était caillé, la fibrine avait fini par se séparer, les globules s'étaient détruits, l'oxygène de l'air avait été absorbé, de l'acide carbonique s'était dégagé, des cristaux d'hématocristalline s'étaient formés, une odeur de lessive s'en dégageait et M. Pasteur, a étudiant rigoureusement les faits », ne se demandait pas même quelle est la cause de ces phénomènes et estimait que le sang avait été conservé inaltéré. Et ce n'est pas tout : M. Pasteur a négligé d'examiner l'état de la fibrine; il a négligé surtout la foule des granulations moléculaires, c'est-à-dire des microzymas qui, dans ses ballons, devaient nécessairement exister à la place des globules rouges et blancs disparus. Mais ces granulations, que M. Pasteur déclarait choses encore indéterminées en 1876, ou bien il ne les avait pas aperçues en 1863, ou bien il les regardait, avec tout le monde alors, comme sans signification, ce qui de la part d'un chimiste est incompréhensible. Mais si M. Pasteur, pour n'avoir point eu d'idée directrice, est excusable d'avoir négligé ou de n'avoir point aperçu ces granulations en 1863, comme il n'avait pas vu celles du lait en 1862, il élait inexcusable en 1876 et a fortiori en 1881. En efiet, que M. Pasteur ait mal interprété l'expérience fort bien faite et très instructive de 1863, cela se comprend ; mais que, loin de tenir compte des faits publiés dans l'intervalle, et sans préalablement les réduire à néant, comme faux ou imaginaires, il les nie ou cherche à les tourner pour les expliquer dans son système et égarer l'opinion, voilà ce qui dans l'esprit de loyauté scientifique est incompréhensible. Quels sont donc ces faits ?
En 1869, M. Ester et moi nous démontrions, contrairement à ce que Ton savait, que le sang, outre les hématies et les leucocytes, contient des microzymas qui, dans certaines conditions subissent l'évolution vibrionienne. Nous faisions voir que les microzymas. hématiques se trouvent emprisonnés dans la fibrine que l'on obtient par le battage ; que cette fibrine absolument pure étant mise dans Tempois fluidifie celui-ci ; que^ surtout si elle provient d'animaux jeunes, elle s'y désagrège de plus en plus et que, dans tous les cas, à lu place de ^s microzymas
on trouve toutes les formes évolutives précédemmeTit décrites, jusqu'aux bactéries. Nous démontrions de plus que les globules sanguins eux-mêmes pouvaient se résoudre en microzymas, lesquels dans certaines conditions peuvent également subir révolution vibrionienne (1).
Les microzymas hématiques sont, sans doute, difficiles à voir, car ils ont sensiblement le môme pouvoir réfringent que le plasma ; pour les découvrir il fallait savoir ce qu'il y avait à chercher; j'ajoute que la réalité de leur existence a été. confirmée par M. Tiegel de Bc^rlin, ainsi que cela été attesté par M. Nencki. Mais dans rexpéricnce de M. Pasteur, ils sont aisément visibles ; encore une fois, s'il ne les a pas aperçus ou s'il ne les a pas signalés, môme en 1876, c'est qu'il les tenait pour chose non pas indéterminée, mais indifférente.
Ce qui a lieu de surprendre, c'est que M. Pasteur n'a pas vu que la destruction complète des hématies et les autres phénomènes chimiques de l'altération du sang, sont des effets sans cause dans son expérience et dans son système ; comment le savant chimiste ne s'en est-il pas aperçu? Ah! c'est qu'il était sousl'inilucnce dominatrice du violent désir dont je parlais ! Les microzymas, organismes vivants, expliquent tout dans la mémorable expérience, oui je dis mémorable, sans ironie ; les globules sanguins disparaissent comme je l'ai expliqué pour la destruction de la cellule de levure de bière dans l'empois, et pour la destruction de la constitution cellulaire dans les tissus après la mort ; les phénomènes chimiques sont la conséquence de l'activité conservée des microzymas. Mais, ceux-ci n'y deviennent pas bactéries! C'est tout simplement que dans les conditions de milieu que l'expérience réalise, leur évolution n'a pas lieu, ainsi que cela arrive pour les microzymas d'autres origines ; mais, ainsi que nous l'avons fait, M. Estor et moi, qu'on les place dans un milieu convenable et l'évolution se manifeste.
La critique de certaines autres expériences de M. Pasteur ou de ses élèves qu'il a inspirées, ou dont il s'est servi pour étayer son système, au point de vue qui m'occupe, conduit à des conclusions analogues. Oui, par la force des choses, ces expériences, quand elles sont bien faites, démontrent invariablement le contraire de ce qu'on voulait leur faire prouver. Elles nous donnent la certitude que si M. Pasteur a cru avoir assis ses
(1) À. Béchamp et A. Estor: Recherches concernant les microzymm du rUkl mm% ^''*'"'- ''""'^''' '''^^"^' '' LXVIII, p'^8 e"
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doctrines microbiennes « sur l'observation- de faits rigoureusement étudiés :^, il s'est prodigieusement l'ait illusion^ En matière aussi grave, il fallait plus d'attention, puisqu'il s'agit de l'art de guérir. J'ose l'assurer, je n'ai pas mérité le jugement que M. Pasteur a porté sur mes recherches concernant les microzymas : j'ai été plus exigeant que lui à l'égard des preuves.