‹ La Théorie du Régime Mixte chez Saint-Thomas d'AquinChapitre 17 sur 46 · NT. LU · texte numérisé non relu

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et, par ailleurs: « La royauté et l'aristocratie sont de soi contraires ; elles tendent, en effet, à des fins différentes » (44).

Au premier cas est seule envisagée l'orientation générale de la Royauté et de l’Aristocratie à la vertu -— au deuxième cas, leur orientation spéciale à l'unité et à la justice distributive.

Cela nous apparaîtra d'ailleurs plus clairement quand nous étudierons en elle-même cette notion d'unité qui est bien autre chose qu'une notion purement quantitative.

Par contre, l'oligarchie, régime orienté à la richesse, resterait formellement une oligarchie, même si le pouvoir y était détenu par un seul, par le citoyen le plus riche. |

Quant au principe démocratique, il est évidemment de soi contraire à l'unité de gouvernement.

Nous aboutissons ainsi à dégager quatre types politiques essentiels, quatre principes : le royal, l’aristocratique, l’oligarchique et le démocratique — auxquels on peut joindre, nou l'avons dit, le principe tyrannique, qui est celui de l’égoisme et de la violencé.

Telle nous apparaît être la classification essentielle de saint Thomas. C’est elle que nous trouvons notamment dans la Somme théologique (Ta, Ilae, q. %, art. 4) : « Les lois humaines se distinguent suivant les divers régimes politiques. L’un est la Royauté — à savoir quand la cité est gouvernée par un seul.…, un autre est l’'Aristocratie, c’est-à-dire le gouvernement des meilleurs, ou des grands.…., un autre est l'Oligarchie, c'est-à-dire le gouvernement de quelques hommes riches et puissants... un autre est le gouvernement du peuple, que l'on nomme Démocratie..…., un autre est la Tyrannie, régime entièrement vicié » (45). | 2

Classification très profonde, on le voit, et qui ne mérite nullement les critiques que nous avons rapportées.

Maïs à côté de cette classification à caractère essentiellement abstrait et théorique, destinée à nous livrer le fond des choses, il y avait place pour un classement plus superficiel destiné simplement à mettre de l’ordre dans la complexité de la matière politique. À une classification où le souci de la profondeur primait celui de la clarté et de l'équilibre, saint Thomas a voulu en ajouter une autre, où la commodité et la simplicité seraient principalement visées. Après nous avoir présenté les régimes dans leur principe propre, il a voulu nous les montrer en fait tels que nous pouvons les observer dans la réalité.

(44) Pol. V, x, $3 : Regnum et optimatum status per se contrarii sunt, intendunt enim diversos fines, quia unus corrumpit alium. »

145) « Distinguuntur leges humanæ secundum diversa regimina civitatum. Quorum unum secundum Philosophum, est regnum, quando scilicet civitas gubernatur ab uno ;.. aliud vero regimen est aristocratia, id est principatus optimorum vel optimatum ;..… aliud regimen est oligarchia, id est, principatus paucorum divitum et potentum ;.. aliud autem regimen est populi, quod nominatur democratia ;. aliud autem est tyrannicum, quod est omnino corruptum. »

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