I, XXXV
(380) Id., ibid.
(381) Id., ibid.
(382) Pol. III, xIv, 8 6.
(883) "De Rep., TL; XXXV.
(384) Id., ibid. .
tempéré par la combinaison des trois premiers » (385). Et plus loin, après un long et chaud éloge de la Royauté et une critique serrée du pouvoir populaire : « J'en conclus que des trois premières formes de gouvernement, la meilleure est sans contredit, la royauté : mais la royauté le cède elle-même à celle qui se forme, par un juste équilibre, du mélange des trois principaux régimes. J'aime dans l'Etat un pouvoir royal et suprême, puis une portion d'autorité accordée aux grands, enfin quelques concessions accordées au jugement et à la volonté du peuple. Cette constitution nous offre d'abord une grande égalité, nécessaire aux peuples libres ; puis de la stabilité : car les trois premières donnent souvent dans les extrêmes opposés, ainsi au roi succède le tyran, l'oligarchie à l'aristocratie, et l'anarchie au gouvernement populaire ; ils se remplacent souvent aussi les uns par les autres. Mais dans le gouvernement formé par un juste tempérament des trois autres, les révolutions ne peuvent naître que de grandes fautes commises par les chefs. Il n’y a point de principes de mutation dans un état où chacun, solidement établi à sa place, n'en voit point au-dessous de lui où il puisse se précipiter et tomber » (386). , rx
Mais là se termine la part du Philosophe. Après quoi, Cicéron redevient historien, homme politique, et plus encore patriote romain : et comme Polybe, il s'efforce de faire au nom des principes qu'il vient d'exposer, l'éloge de la constitution romaine traditionnélle : «oui, je pense, je crois, j’affirme que de tous les gouvernements il n’en est aucun dont la constitution, les détails et la discipline puissent sontenir la comparaison avec celui que nos pères ont recu de leurs ancêtres pour nous le transmettre ». « Prenant notre république pour modèle, je rapporterai à cet exemple tout ce que j'ai à vous dire sur la meilleure forme de gouvernement (387). »
Ge sera, en effet, l’objet du second livre de la République. Nous ne pouvons l'y suivre. C’est une étude détaillée de la constitution romaine qu'il nous faudrait faire pour savoir si oui ou non le ‘rapprochement qu’il tente entre le Régime Mixte et cette constitution, est bien fondé. A première vue, il semble qu’on puisse y trouver le principe de la mixtion et d'un tempérament réciproque des pouvoirs, mais quant à y voir un dosage vraiment équitable de royauté, d’aristocratie et de démocratie, il nous semble qu'il faut pour cela tout le patriotisme de Cicéron. Il est vrai qu'il pense surtout à la constitution romaine primitive, et non à celle de son temps, où le principe démocratique avait pris une place de plus en plus grande.
On voit par là que c’est bien chez les Anciens que saint Thomas a puisé l'idée générale de la combinaison modèle entre Royauté, Aris-
(385) I, XxIx.
(386) I, xLv.
(387) I, XLvI.
tocratie et Démocratie. Nous avons dit que saint Thomas n'avait sans doute pas connu directement le traité de Cicéron ; mais de nombreuses citations en avaient été rapportées par d'autres auteurs, qu'il a peut-être eues sous les yeux.