‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 10 sur 69 · Lysis · texte numérisé non relu

Lysis

§ 76. — En ce qui concerne le Lysis, il n'y a pas de difficulté sérieuse^-, et la plupart des critiques s'accordent à voir

42. L'authenticité du Lysis est généralement admise : elle a été contestée cependant par Ast, par Socher (d'après Gomperz Pens. de la Grèce

flans ce dialog-no iino œuvre antérieure an moins an Banquet. DiTTENBERciER Cependant, se fondant snr des considérations stylistiques, a voulu placer le Lysis après le Phédnn et le Banquet, avant le Phèdre''^. De môme le Phèdre est regardé ordinairement comme postérieur au Lysis, sauf par ceux qui veulent voir dans le Phèdre le premier ou l'un des premiers écrits de Platon. C'est ainsi que Immisch^* a rangé le Lysis bien après le Phèdre. Tandis que ce dernier serait tout à fait un ouvrage de jeunesse, le Lysis appartiendrait à ce qu'Lvi- MiscH appelle le « groupe pédagogique » des dialogues, qui se place entre la date de l'ouverture de l'École dans l'Académie et la date du second voyage en Sicile, c'est-à-dire entre 387/386 et 367. Il serait d'ailleurs de la première partie de cette période, avec Lâchés, Eiithydème, Ménéxène et Charmide. D'autres mettent au contraire le Lysis très près du Banquet, ainsi Gomf^erz {les Penseurs de la Grèce tr. fr. II, 399, 1 ; cf. aussi 301) et Raeder {op. cit. 154-158). Ce dernier fait observer que le caractère négatif de la discussion ne prouve nullement que le Lysis soit une œuvre de jeunesse : le Théétète ne conduit-il pas, lui aussi, à une conclusion négative? De plus, les premiers dialogues de Platon contiennent très peu d'allusions aux philosophes qui l'ont précédé et encore moins de discussions analogues à celles que nous trouvons dans le Lysis (213 C-216 B). Le Gorgias, VEu-

tr. fr. 399, l),par Sghaarschmidt Samml. d. plat. Schr. p. 382 sqq. et par Madvig Adversaria critica I, 402 (cf. Ueberweg Untersuch. 171-173; Zeller Ph. d. Gr. II, H, 479, 5; Raeder op. cit. 91, 2). Lutoslawski, sans se prononcer expressément, semble assez disposé à considérer le Lysis comme inaulhentique {Orig. and growth of Plato's Logic p. 75, note et p. 194; cf. !nd. s. v.). Il semble pourtant bien difficile de tenir pour apocryphe un dialogue auquel Arislote a fait de nombreuses allusions, cf. Ueberweg op. cit. 172 sq. — Je crois inutile d'insister sur l'anecdote connue (ap. Diog. III, 35), d'après laquelle le Lysis aurait été écrit du vivant de Socrate; cf. Grote I, 196 m et Gomperz tr. fr. JI, 301.

43. Sprackliche Rritericn Hermès XV{ (1881), d'après Lltoslawski op. cit. 105.

4i. Ziiin gegenwdrtigen Slande d. platon. Frage, d'après Ueberweg fti:iNZK Grundr. 1% 175.

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thijdrmr cl le Crati/lr lui |i;ir;iissriil .inliTifiirs ;ni lîmKiuol. Zkllki! rcpri'si'iili' une (i|iiiii(iii nioyciiiD'. vu .illiilMiaul le Li/sia ;i ce (pi'oii l'sl ctinNcnu (r;\|»|)('lt'r la « ikm-IoiIc soci'ati(|U(* 1) ili' laclixili' lilli-rairc de IMalou d il |ir()|M)S(' de le placi'i' culi'c la uiorl tit* Socrah' cl le di-liul des Noya^'cs à (lyrriic cl en l\:;ypl(' (o/;. cit. ■,\1\) s(|., cl'. '.\1'.\).

-Vous nous ('(inlcnltM'ons de rcinartiuci' tout d'ahoid (pic (''(>sl en i^i'andc jnrlie à la ci'iliipie inicrne (pi(^ los («rudils deniandcnl la jusliliralion {\v leurs ojjjnions sur la chi'onoloi^ie du diak)f>iie. Aussi neso fora-t-on pas scrupuio, à l'ég-ardde la seconde thèse, de s'appuyer sur des raisons do cet ordre pour refuser de plactM' le Lysis aussi près du Banquet. Ce dernier dialoi^iie nous a paru marqu(M' un iniportanl progi'ès par rajiporl au |)reiniei', et, vraiscinhlablcnient, ce progrès ne s'est pas fait sans préparation, (-oniuicnt supposer dès lors que le temps, où s'élal)or;nent sans doute dans la pensée de Platon les idées qui devaient faire le foiul du Banquet, ait été eelui-là même où il écrivait le Lysis^. Admet-on, d'autre part, que l'hypothèse qui a été adoptée relativement au sens des premiers discours du Banquet (cf. 5:} 71 ) est exacte? On est alors en droit de penser que, si le Lysis était immédiatement antérieur au Banquet, Platon n'eût pas senti le besoin d'en reprendre les thèses avec autant de développement. Au surplus, c'est là pour nous une question secondaire. Ce qui nous intéresse surtout, c'est qu'il est de la plus haute j)robabilité que le Lysis est antérieur au Banquet. Quant à décider s'il faut le mettre après le Phèdre comme le veut I.M.MrscH, c'est une question qui dépend entièrement de celle de savoir quelle place il faut assigner à ce dernier dialogue.

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