AUTRES PREUVES — RENVOI AU BANQUET
porlcr à d'aulrcs c.iiisi's ([iic là,!,''»' "In (li;il(t^ii(' le nomlii'e. vraiiiitMil I ('inari|ualilt', des parliculai'iU's du dernier style que itMifrniit' le Phèdre, l'arnii ces parlicularités on compte |uincipaleuient, nous l'avons vu. l'emploi des mots poélicpies et lObservation des règles formulées par les rhéteurs professionnels sur l'hiatus et le rythme. Or l'emploi des mots j)oétiques s'explicpierait assez bien, comme j'ai essayé de le prouver (cf. 5^ 87, p. 71), par la fiction même qui conmiande toute une partie du Phèdre. En outre, dans une criticpie de la rhétorique non-pliilosophique, on comprendrait fort bien que JMalon se fût amuse' par ironie à observer des règles, dans le respect desquelles on faisait sottement consister l'art tout entier. Campbell^" et Natorp^*^ ont de même pensé que beaucoup des particularités linguistiques du Phèdre pouvaient s'expliquer par le but de l'ouvrage. Mais pourquoi, demande Raeder, ces particularités sont-elles devenues, par la suite, habituelles au style de Platon? La question certes est faite pour embarrasser. Mais il faut bien reconnaître qu'elle n'est pas relative au Phèdre lui-même. Or tout ce que j'ai voulu montrer, c'est que la méthode stylométrique ne saurait suffire, à elle seule, à prouver que le Phèdre est un dialogue postérieur au Banquet, ni, à plus forte raison, à prouver qu'il appartient au dernier groupe des écrits de Platon. Il faut donc chercher d'autres preuves.
§ 92. — La première de ces preuves, et la plus décisive peut-être, est fournie par un passage du Phèdre (242 AB) qui paraît renfermer une allusion précise, non pas seulement au Banquet, mais aussi au Phédon. Socrate s'émerveille de ce qu'il y a de vraiment surnaturel en Phèdre pour ce qui concerne les discours : « Je ne crois pas, lui dit-il, que, parmi les hommes de ta génération, il y en ait aucun qui ait fait se produire plus de discours que toi, soit pour les avoir prononcés lui-même, soit pour avoir amené d'autres personnes d'une façon quelconque, à les prononcer. J'en excepte pour-