‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 26 sur 69 · I.K l>lli:i)HK SIIFI'OSK LA KKPlilil.InlIK · texte numérisé non relu

I.K l>lli:i)HK SIIFI'OSK LA KKPlilil.InlIK

[);is t'Ii' suflisammi'iil iiidliNcc pai- ce (|ii(> nous conlc Kryxim;u|ii(' tir I iii(li,!4ii-ili«'ii de IMirdi-c (•(iiilrc 1rs l'aisnii-s dr païK'i^N ii(|iirs, (I»nil aiiriiii n'a jamais rir Irnlr par Irlo^'r du l'Anioni' {/{(UK/. 177 A-(!)'? 'Font an moins l(> souvenir du Phèdre v[[[ d(''t(»mni'' l'Ialon i\o s'r.\|ii'imri" commril l'a l'ail. Cl' n'osl pas, rn rlïrl, uno seule fois, ni par liusaril, étourdinienl, (pie IMièdre a exprimé à l^ryximaquc rindif-iuitiun doiil il saisit : il la (('inoi^ne en toute occasion (iy.âsToxe 177 A), liien plus. Sociale, loin de protester, de rappeler un autre entretien. approuve, sinon précisément l'indignation de Phèdre, du moins la proposition (pi'rllr a inspirée à Eryxiniaque (177 DK). Kl ipi'on ne dise» pas, pour atténuer ce qu'il y a là de surprenant, cpu' lindignation di; Phèdre ne visait que les poètes et les sophistes; qu'il s'est plaint seulement de n'avoir entendu personne jusqu'ici louer dignement (à;iw;) l'Amour; que, le problème de l'Amour n'ayant été traité dans le Phèdre que d'une façon accidentelle, Platon ne veut pas paraître avoir déjà entamé le sujet qu'il aborde dans le Banquet. Toutes ces raisons sont alambiquées et peu décisives, et il n'en reste pas moins vrai que, si le Phèdre est antérieur au Banquet, l'absence, au début de ce dernier dialogue, de toute allusion au précédent serait vraiment étrange et bien difficilement explicable.

§ 93. — Une seconde preuve de l'antériorité du Banquet sur le Phèdre me parait pouvoir être induite de ce que le Phèdre suppose, quoi qu'on en dise, plusieurs livres de la République-, or personne ne doute que la République, au moins dans son ensemble, ne soit postérieure au Banquet. Assurément de tels arguments me paraissent devoir être employés avec la plus extrême circonspection et c'est pourquoi je n'ai pas voulu faire état de certaines raisons de ce genre que je développerai plus tard (§ 150) : trop souvent en efïet, on voit des critiques déclarer, pour les besoins de leurs hypothèses, que tel dialogue en suppose un autre, alors que d'autres critiques renversent ce rapport en vue de justifier une hypothèse opposée '*^°. Les raisons que l'on tire de

100. Ainsi, par exemple, je ne pense pas que le seul fait de nommer,

la comparaison de la théorie de l'âme tripartite et des preuves de l'immortalité dans le Phèdre et dans la République ne nous arrêteront pas non plus*"'. Il }■ a sur ce point trop de difficultés et il vaudra mieux sans doute réserver cette discussion pour le moment où nous pourrons l'étendre au Phédon lui-même (voir plus bas § 106). Toutefois, des à présent, on peut du moins remarquer ceci : dans la Bépiiblique (IV, 435 BC, 436 AB, 440 E-441 C) la théorie des parties de l'âme est présentée comme quelque chose de nouveau. Si le Phèdre est antérieur à la République, c'est bien étrange. Dira-t-on, pour expliquer cette singularité (Zeller op. cit. 8^1-3, 3 [844]), que Platon n'a pas voulu faire état de l'exposition mythique du Phèdre, celle-ci lui paraissant dépourvue de base scientifique? Cette explication suppose que l'on adopte la conception de ScHLErERMACHER sur la méthode de Platon (voir en effet Zeller, 53G) et qu'on croit à l'antériorité de la forme mythique sur l'explication directe : des énigmes pour commencer, et afin de faire travailler l'esprit des lecteurs, puis des solutions, voilà quelle aurait été la marche suivie par Platon dans ses expositions. Mais, s'il en est ainsi, comment se fait-il, demande très judicieusement Raeder (252 sq., cf. 576 sq.), que, dans la République, à la suite de la prétendue solution des mythes énigmatiques du Phèdre,

dans le Phèdre (247 D), la Justice avant les autres Idées, ou celle déclaration, placée dans la bouche du jeune Phèdre, qu'il vaut mieux s'amuser à parler sur la justice qu'à faire des débauches (276 E), soient des raisons suffisantes, quoi qu'en pense Ldtoslawski (op. cit. 331) de proclamer la République antérieure au Phèdre. De même ce passage du Phèdre (248 B), où il est dit que l'opinion est le seul mode de connaissance accessible à l'âme déchue du monde idéal, ne me paraît pas rappeler avec une évidence irrésistible (Teichmueller Lit. Fehd. I, 80 sq. ; Raeder 249) le morceau de la fin du V" livre de la République, dans lequel est déterminée la nature de l'opinion (476 D-478 E ; cf. VH, 534 A). On pourrait alléguer avec autant de vraisemblance que ce passage du Phèdre suppose le Ménon ou le Théétète, ou bien encore dire du Banquet lui-même (201 E-202 A, 203 E), aussi bien que du Phèdre, qu'il suppose les développements mentionnés de la République (voir plus bas § 158), 101. Sur la question, cf. Raeder 173 sq., 239-241, 252 sq.

LF iMn>nnE suppose la république 5^3

noii^ Iroin idiis une ikmim'IIc ('\|»(>siliiin myllii(|m' de la iiiriiic lliciuit''.* h.iiis le livre l\, r>iS<S (]-K, IM;il(iii s'csl <Mi l'Iïcl (le ii(»ii\ (Mil sei-\ i du uiyllie pour l'epi-t'-sentcr la Iriparlilion (le lAuie, (|u'il coiniiaïc h rasseiiil)lag:e d'un lioinuie, d'un lion el d'un uionsli'e à |dusieui's tetos. Ce retour au syndiole est poui' la llit''(uie de Sculiiikismacuki; une redoiilaltie pierre djudioppeinenl et, de nuMue, pour llivitotlièso de i'aiilériorité du l^hcdrr : on coniiu'endrait mal que, ;»près avoir employé le symbole dans le Phèdre, puis expliqué ce symL)ole dans le l\ ' livre de la République , IMaton eût eu de nouveau recours au synd)ole daiïs le livre IX. Tout au contraire, il est très naturel que, après avoir exposé la doctrine en question sous une l'orme scientifique, il cherche à la rendre sensible à ses lecteurs par des comparaisons et des images concrètes : celle du livre IX en est une, celle du Phèdre en est une autre.

Considérons maintenant les mythes eschatologiques de la République et du Phèdre : entre les uns et les autres, la ressemblance est remarquable; on pourrait même^"^ la trouver surprenante si l'on persistait à placer le Phèdre au début de la carrière de Platon et la République à la fin. Il semble au contraire que l'eschatologie du Phèdre (2i9 AB) serait bien obscure, si on ne la considérait comme un résumé, modifié dans quelques parties, de celle de la République (X, 615 A-C, 017 C-621 A) : comment pourrait-on comprendre, par exemple, sans la République (X,GI7D-618 B, 619 B-G20 D), ce que signifie l'union, dans le Phèdre (249 B), de y.Xrjpwatç et de aipsjtç. du tirage au sort et du choix (cf. Raeder loc. cit.)"!

Sur d'autres points, les développements du Phèdre semblent marquer un progrès par rapporta la République. Ainsi, bien que dans ce dernier ouvrage, il soit question d'un tôttoç voy)t6; (VI, 308 B-510 B, 516 A-C, 317 B) qui ressemble fort à l'OTiEpGupav'.cç TOTToç du Phèdre (247 A-C), il n'en pas moins vrai que, entre la vie des âmes séparées de leurs corps et ce vor-.hq ■zir.oç, aucune relation n'est établie. La région transcendante

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