‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 46 sur 69 · L'AME RAISONNABLE EST UN DÉMON · texte numérisé non relu

L'AME RAISONNABLE EST UN DÉMON

templor la rralilô vniio. Gela est vrai de l'àme divine comme de la ikMi'c. Sans doiile, tandis que riiilellecl divin s(; noin-rit d'in(('lli,ii;-('nce cl de seience sans nuMan^a^ {iM VA), cf. 2i«S A début), le noire n'a pu s'élever jusqu'à des satisfactions aussi complètes, ni aussi continues (2iS A). Il n'y a pas là néanmoins, en ce qui nous concerne, une marque spéciliciue de l'infériorité de nos âmes. C'est donc bien par l'Intellect seul que la vertu des ailes est entretenue, puisque seul il est capable de pourvoir les ailes de l'aliment qui leur convicMit {l\i\ Dfc], iiS nC), et c'est à lui seul aussi, puisqufî seul il a pu contempler les Idées, fût-ce imparfaitement, lorsqu'il conduisait le cbar de l'Ame à la suite des dieux (248 A), qu'il appartiendra, dans la vie terrestre, d'en retrouver un souvenir (253 E 5. fin. ; 254 B [ch. 35 début]). Ainsi, en résumé, môme d'après les expositions du Phèdre, ce n'est qu'à la partie intellectuelle de l'àme que semble pouvoir convenir la comparaison avec les démons, car il n'y a qu'elle qui soit véritablement apparentée au divin et véritablement capable de reprendre contact avec son principe.

Or c'est précisément l'Intellect que le Timée compare explicitement, comme on l'a vu (§ 121), à un démon, que Dieu aurait donné à chacun de nous. Il nous parle également de sa parenté avec le ciel, de son aptitude à nous élever audessus de la terre, parce que la divinité retient l'Ame suspendue par sa partie supérieure aux lieux d'où elle tire son origine : ainsi, ajoute-t-il, elle dresse en quelque sorte le corps tout entier. Les passions, les désordres sont la mort de cette partie de nous-même ; mais, si nous voulons nous rendre immortel autant que le permet notre nature, il faut, au contraire, lui donner les aliments et les mouvements qui conviennent à sa nature. Or ce qu'elle aime, c'est la connaissance et la vérité, et les mouvements qui lui sont appropriés, ce

sont a-. Tsu ■7:av-oç o\y.->zr^Q^'.q •/.ac Tïôp'.çspat (cf. infra xàç tou -avxoç àp[j.ov{aç -£ y.al TCcpiçopxç). Celui qui se livre à cette étude réussira à rétablir entre l'objet de la pensée et ce qui pense l'identité qui existait primitivement entre eux (-rw /.axavoo'j;ji.£vw xo axiol' voouv èço[xoiw7at xx-cà TYjv cf.Ciyct.lx) çuaiv [90 A-D; cf. 47 BC, D])

146 INTERPRÉTATION DE LA THÉORIE DE rAMOUR

on sait en effet que, d'après la doctrine du Timée, la partie supérieure de l'Ame, celle qui est notre démon, a été faite par le Démiurge des mêmes éléments, mélangés d'une manière analogue, que l'Ame même de l'Univers, avant d'être abandonnée aux soins des dieux inférieurs (41 D, 42 D; cf. 69 C; comparer Philèbe 30 A). La substance en est répartie par lui entre les astres, tout comme, dans le Phèdre, les âmes sont distribuées entre les dieux, auxquels elles resteront liées dans leur vie terrestre (247 A, 252 C-253 B). — Nous pouvons donc conclure que le Phèdre est d'accord avec le Timée pour affirmer que ce ,qui est apparenté au divin ou démoniaque dans l'âme humaine, c'est ce qui est intellectuel '^^

§ 129. — Au reste, la même doctrine relativement à l'âme intellectuelle peut encore s'établir à un autre point de vue moins sujet à discussion, parce que les conceptions religieuses, sinon le mythe, y tiennent moins de place : au lieu de considérer l'âme raisonnable dans son rapport avec Dieu ou les dieux, on l'envisagera dans son rapport avec les Idées. Or le Timée lie très explicitement l'âme raisonnable aux Idées (51 D-52 A, C). De plus, si c'est vraiment d'après les Idées que le Démiurge a fait l'Univers et son âme, comme d'autre part notre âme essentielle a été fabriquée par lui pareillement à l'âme universelle, on pourra dire que toute âme de cette sorte est une image des modèles éternels. Le Démiurge cherche en effet à réaliser, autant qu'il le peut, la Forme ou l'Idée du meilleur (46 G, cf. 68 E) ; il a les yeux constamment fixés sur ce qui est et ne devient pas (27 D-28 A, cf. 50 C) et ce modèle éternel, c'est ce qui est saisi par la Raison et possède l'immutabilité (29 A). Ainsi l'âme du monde participe de l'ordre calculé et de l'harmonie des réalités intelligibles et éternelles dont elle est une image (36 E-37 A : XoytaiJ.ou lï lJi.£T£^cua-a xal àpfJLOvi'aç 4"^X^/ "^^^ voyjtwv àd t£ cvtwv^^", cf. 37 C et

161. Peut-être cette proposition aura-t-elle besoin d'être expliquée, c'est ce que nous verrons plus tard (i? 138).

162. Zeller 710, 5, d'après Stallb., fait dépendre ces génitifs de àpîo-xri ; mais comment l'âme du monde pourrait-elle être dans les «et ovTa, dans

les vor,Tà?

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