ELLE LEST MÊME DANS SON UNION AVEC LE CORPS
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§133. — Ces toxhv. ;issiir(''m(Mil sont prrcis; mais ils iio sont peut-être pas en eonlr;uliclit)n avec la théorie qw, nous avons exposée.
Le Phédon nous fournit à cet égard des explications très nettes : c'est le corps qui nous empêche de discerner ki Vérité et il semhle que, pour savoir véritablement, il soit nécessaire d'abandonner le corps. Ne jouirions-nous donc de la Vérité, dont nous sommes amoureux, qu'après notre mort? On doit îulmettre, j)ar conséquent, que, à moins de perdre tout espoir de jamais la connaître, il y a pour nous un moyen, dans cette vie môme, de nous libérer de notre corps. C'est à cette œuvre que s'applique le philosophe (67 A-E, 68 G-69 D, 82 D, 83 A-E, 84 AB, 114 G; cf. 64 A, 65 A, CD, 80 E sq.). Or, si toute connaissance est une réminiscence des réalités éternelles (ce qui prouve non-seulement l'antériorité de l'àme, mais encore sa survivance [72 E-77 G]), on peut croire que ces réminiscences seront un des efïets les plus certains de la purification philosophique. — Les doutes que le Phèdre avait pu nous inspirer sur la question qui nous occupe s'évanouissent donc du fait que ce môme dialogue n'affirme pas avec une moindre précision la doctrine de la réminiscence. C'est un moyen de nous rattacher, autant que nous le pouvons (cf. Phédon 79 D), aux réalités supérieures qui sont le principe même du divin. N'est-ce pas dire que, si nous avons, dans la réminiscence, un moyen de nous diviniser, de nous immortaliser en quelque sorte, ce moyen est réellement efficace, sans cesser d'être relatif à l'état présent de notre nature? On le compare à une initiation parfaite, capable de nous rendre nous-mêmes parfaits (249 G). — Le Théétète (176 AB) nous parle aussi de la nécessité de nous enfuir d'ici-bas dans le monde supérieur (âvôsvoe l-z-eTae ©euYetv) et cette fuite, c'est l'identification avec Dieu telle qu'on la réalise par une vie juste, sainte et sage à la fois. Le philosophe, qui a sans cesse les yeux fixés sur des réalités dont l'ordre est immuable, dit dans le même sens la République
(VI, 500 CD), aime ces réalités et met tout son effort à leur ressembler ^''^ — De plus, si on n'admettait pour l'homme la possibilité de se libérer des entraves du Sensible dans le cours même de sa vie mortelle, quel sens aurait la formule, si fréquente chez Platon, qui proclame la participation de l'animal mortel à l'immortalité dans la mesure où il le peut? Cette formule se rencontre à plusieurs reprises dans le Banquet : la génération dans la beauté selon le corps et selon l'esprit, voilà l'objet de l'amour; car l'amour est essentiellement le désir de l'immortalité; or par cette génération l'être mortel se rend immortel autant que le lui permet sa nature (206 C, E-207 A, 208 AB; cf. C-D, 209 CD). Mais il n'y a pas d'homme à qui l'immortalité appartienne plus légitimement qu'à celui qui, après avoir suivi les étapes de l'initiation amoureuse, a réussi à s'élever jusqu'à la contemplation du Beau absolu (212 A fin). — Cette doctrine du Banquet se retrouve dans le Timée sous une forme qui s'accorde parfaitement avec l'opinion que nous défendons. On devient mortel autant que cela est possible, quand on s'abandonne aux passions. On atteint au contraire la béatitude suprême et on participe de l'immortalité autant que peut le faire la nature humaine, quand, par l'amour de la science et de la vérité, on réussit à n'avoir que des pensées immortelles et divines, quand on s'applique à cultiver en soi le divin et à honorer le démon que l'on porte en soi-même. — C'est encore dans le môme sens qu'il faut sans doute interpréter ce passage du Phèdre où, après avoir montré que, dans nos amours, nous cherchons à imiter le dieu à la troupe duquel notre âme a appartenu, Platon nous dépeint l'enthousiasme de l'amant lorsqu'il a réussi à ressaisir son dieu par le souvenir : il s'efforce alors de lui ressembler, autant du moins qu'il est permis à un homme de participer à la divinité (252 G-253 C, surtout 253 A). — Enfin, dans les Lois, nous trouvons réunies les deux conceptions dont nous venons de parler. D'une part
165. hoc. cit. : ôsûo Sri xa'i xoaiilw o y^ cpiXôffoyoc ô[i.tXù)V %ôc\nôç, te xai 9eÎ0{ eî; To Svvaxbv àvôpwTtw v'Y^Exat.