RAPPORTS HE L'AMOL'R AVEC LA DIALECTIQUE
(le paiN'ciiir M conlciiipliT ce (|iii es! Ion jours idoiiliqiio à soinuMMc, s'iiu|»()s(' M l'cspiil de IMalon -'". l'oiii' coiidiiii^^ leur 6\r\o jiisiin'.ui biil, la lionne volonlt' ne nianrincra ni à l)iotinu' à IV'i^ai'd de Socralc, ni à Soci'alc à r(''^ai-d de (îlaucon; mais l'élrvc sera-l-il capable de siiivrtî \i\ muilve jus(|U(vJù-"? La conteniplalion de l'objel absolu vers ieiphd on s'élèvo ap|»aitienl à un oi'i^ane de l'Anie (pii est l'ail pour cette contoniplalion -'-. Kufln, de même (pie c(dui (pii esl parvemi au faîle de l'asctMision du lianqiiel ne s'atlacdie pas à des ima^'-es, et entendre des vcm-Ius réelles et non des images de vertus, de nuMue ce ne sont pas des imag'es du l)ien, mais le iiien lui-même (jue contemple Tàme au terme de l'asceusioii dialecti({ue-'^ Il semble donc que IMaton, en décrivant dans la République la méthode par laquelle le dialecticien s'élève jusqu'à l'Idée du Hien, a eu présente à la pensée la description des étapes par lesquelles, selon le Banquet, l'Amour nous conduit jusqu'au Heau.
vl; 150. — Dautre part, de même qu'il paraît bien s'être souvenu du Banquet en écrivant la République, dans le Phèdre il y a plus d'un passage qui fait penser à ce qui a été dit dans la République de l'éducation dialectique du philosophe. C'est ainsi qu'on peut comparer la façon dont il parle, dans le premier dialogue, de l'opinion du vulgaire sur l'homme qu'a saisi le délire de l'Amour, avec ce qu'il dit dans le second de l'attitude des prisonniers de la caverne à l'égard de celui qui, après être monté jusqu'à la lumière, redescend ensuite parmi
210. Comp. Banq. 210 B-D avec Rép. VII, 523 B-525 B et surtout la fin
525 AB. Banq. 210 D .* èn\ ih iroXy TcÉlayo; Tîirpa(i(X£vo; toO y.aXoO ...â'wç av... xaTtSïi Tivà Itzi avfi\).-i\'^ jxtav xotaÛTviv, ri Èdti xaXoO toioOos. Rép. 525 B : tô triç oùfftaç âuTcOV îivat yevlffcaji; £|ava5ûvTt. Cf. X, 611 E.
211. Banq. 210 A : xà 8e xélea xat inoTtxi%i... oûx olô' tl olôi x' av el'oç [se. ix'jYjôïjvat]. èpw [XEv o-jv... èyo) xa\ upoôypiîaç ouSsv àTtoXec'W • itetpà) 8è êirsTOat. Rép. 532 E sq. ; ouxÉt' ofôç x' ïgzi àxoXouOsîv • Inù xô y' èfiov oùSev av irpo-
6"J|JLCa; OLTlo'Xl'KO'.-
212. Banq. 212 A : ôptôvxt w ôpaxov xb xaXôv, Rép. 527 DE : Ixâaxou opyavov xt •\i-jyrii;... (w) [xovw... àXrjOsta opàxai. 533 D : xô xîi; 4'^X^'î ôV.jAa. Cf.
VI, 490 B et IX, 582 D. Comp. aussi Banq. 211 A, C avec Rép. 532 AB.
213. Ban7. 212 A : st'SwXa s'StiXoy — Rép. 533 A : slxova, 534 C : s'tSciXov,
eux. L'homme qui a vu les Idées et à qui le délire amoureux donne le ressouvenir de cette contemplation s'éloigne des préoccupations humaines et ne s'attache qu'à ce qui est divin : il cherche à plaire à des maîtres excellents plus qu'à ses compagnons d'esclavage [Phèdre 249 DE, 273 E sq.). De même celui qui a vu dans la réalité les choses belles, justes et bonnes ne veut plus s'occuper de ce qui se passe dans la caverne {Rép. 520 C, 519 G-E). Mais, s'il y revient, les autres se moquent de lui : ils disent qu'il a perdu la vue, comme la multitude dit de l'amant philosophe qu'il a perdu la raison (517 A, E-518B).Semblablement, quand on lit dans le Phèdre la description de ce chemin escarpé que gravissent les âmes pour parvenir jusqu'au sommet de la voûte du cier-'*, il est difficile de ne pas songer à cet autre voyage que le prisonnier de la caverne accomplit le long d'une rude montée jusqu'au soleil ^^^; à cette ascension est comparée la xopei'a qui constitue la Dialectique (532 B) ; celle-ci est appelée le faîte de toutes les sciences ^'^ L'opposition, dans \q Phèdre, du ciel et de la région qui est au-dessus du ciel et où sont les Idées (247 A- C) ne rappelle-t-elle pas la distinction, dans la République, d'une région visible, qu'on appellerait volontiers le ciel, et dont le soleil est le roi, et d'une région intelligible supérieure à la première et que régit le Bien ^". De quoi enfin se nourrit l'Ame, selon le Phèdre, dans cette existence supra-terrestre dont le délire amoureux doit ramener momentanément l'expérience jusque dans notre vie sensible? Elle se nourrit de la Vérité, delà Science et de l'Intellection (sans autre mélange, pour les âmes divines) ; elle contemple la Science, non pas celle qui est liée à la génération et qui change avec les différentes choses que nous nommons faussement des êtres, mais
214. Phèdre 247 B ; axpav ù-ko xy)v OitEpoupâviov à'^^tôa TtopeûovTac Tipô; a va vte; r^or).
215. hép. 515 E : ôtà Tpa^st'a; tyi? àva6d((T£fo<; xa\ àvâvTOu;.
216. Riip. 534 E : àp' ouv... Soxîï aoi... oiuTtep Op(y>cb; y| S'.aXsxiix-r) ï)[aïv £7tâvw xEïcrÙat.
217. TOTio; vo/)tÔ; — ôpaxb; tÔttoç, l'va [ay) oùpavov ectkov ôô^w croi aocpcÇecrOat Ticpi xb ovo(j.a |50y D], 508 B-510 B; cf. 516 A-C, 517 B.