République, IX, 399 b
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sitions d'expressions qui sont synonymes les unes
τ des autres.
Mais celle méthode d’admonestation qui correspond à la conception vulgaire de l'éducation estelle l'éducation vraie? On s'aperçoit en réalité bien vite qu'elle est stérile, et qu'au prix de beaucoup de peines elle obtient peu de résultats; d’ailleurs les sophistes justifient le vice et critiquent la vertu par des raisonnements, et ce n’est pas par des commandements, ni par des contes fabuleux, que l'on peut défendre la vertu contre leur critique, c'est par le raisonnement aussi. Enfin et surlout, cette puissance soi-disant positive qui s'oppose à la direction de la raison, ce jugement faux, qui constitue la déraison, n’est en dernière analyse qu’une privation de science, οἱ même une privation double de science, privalion de la science, d’abord, et ensuite privation de la connaissance de cette privation. Or, si Ja déraison est la résistance du désir ou de l'énergie à la raison, comme d'une force à une autre force, et la vertu comme le rétablissement de l'équilibre entre ces forces, l'éducation peut bien être
considérée comme une simple discipline externe, se
proposant pour fin la réalisation de cette discipline
interno. Mais si la déraison est ignorance, purement et simplement, comment parler, dans l'opposition de la raison et de la déraison, de maîtrise de soi? On peut maitriser son désir ou sa colère, on ne
maîtrise pas son ignorance, car on ne maitrise pas le non-être ‘. Une éducation philosophique est done possible, une discussion de lerreur, qui devra détruire la fausse apparence de la science, démontrer à l'erreur qu’elle est ignorance. Le vice est un égarement, une erreur de la raison * déplorable plutôt que condamnable, et qu’il faut détruire pour le bien de l’homme vicieux ὃ. — Il est nécessaire, en fait et en droit, que l'éducation prenne une forme démonstrative, et que « la vertu s’enseigne ».
Dans le Protagoras, un premier plan d’éducation morale par démonstration est ébauché. L'erreur vulgaire est de croire que la science n’est pas dans l’âme une faculté maîtresse, qu’elle n’est qu’une faculté entre d’autres facultés, comme l'énergie (0υν.:ς), le plaisir et la douleur, l'amour et la crainte : alors il serait possible de connaître le bien, et de céder cependant au plaisir, dans le cas même où l'attrait du plaisir serait en contradiction avec la connaissance du bien; et, par suite, pour produire la vertu, l'éducateur devrait recourir à d’autres moyens
1. Lois, IX, 863 ἃ : ἀγνοίας... ὡς 6 μὲν ἡμῶν χρείττων 6 δὲ ἥττων, οὐχ χούσαμιεν πώποτε.