Protagoras, 356 c, sqq
2. République, IX, 583 ὃ, 544. — Cf. l'expression : αἵ χαλούμεναι ἡδοναί, les plaisirs qui ne sont plaisirs que de nom (République, IV,
442 a; Phédon, 64 d). — Cf. République, WI, 40% ἃ : τὰς δοχούσας εἶναι εὐπαθείας.
dans la maladie, alors qu'il y a passage instantané des unes aux autres : il n'est pas de plaisir plus intense que celui d’un homme qui a la gale, et qui se gratte ‘. Et, de ces états morbides, on peut rapprocher certains états anormaux par lesquels passe - notre sensibilité dans la contemplation esthétique *. Le comique repose sur un sentiment fondamental, le sentiment du ridicule, ou l'envie, c'est-à-dire un état d'âme pénible : le paradoxe de la comédie est de transformer ce sentiment pénible en jouissance. Le tragique repose sur le sentiment de la pitié ou . de l'horreur, et c'est le paradoxe de la tragédie, qu'elle nous fait à la fois pleurer et jouir de nos larmes. On peut done poser en loi que l'intensité du plaisir est en raison directe de son impureté. Mais le désir du plaisir est désir du plaisir vrai, füt-il modéré, et non du plaisir faux, füt-il intense, C'est ainsi que le calcul des plaisirs nous détermine à rejeter, en raison de son impureté, la jouissance corporelle immédiate.
D'où une première solution du problème moral. Si l'action humaine tend nécessairement au plaisir, ce ne saurait être à un plaisir contradictoire, mêlé de plaisir et de douleur. La prudence, ou pré- voyance, par la considération des jouissances et des souffrances futures, dissocie dans le temps la peine