Gorgias, 466 b
rement qu'elle aboutit au mal. L'éducation rationnelle doit done consister, si l’on peut ainsi dire, dans la totalisation de la volonté; grâce à elle, la vertu se constitue comme une puissance fondée en science. La vertu s’enseigne.
C’est ainsi que Socrate semble résoudre le problème, à la fin du Protagoras. Mais, en réalité, la solution reste provisoire, et la conclusion du dialogue est sceptique. Si la conclusion de nos discours, dit Socrate, en résumant le débat, pouvait prendre la parole pour nous accuser et nous railler, elle nous dirait sans doute: « Vous êtes bien absurdes, Socrate et Protagoras. Toi, Socrate, après avoir dit au début que la vertu ne s’enseigne pas, tu te donnes bien du mal pour te contredire en démontrant que toutes ces choses, justice, tempérance, courage, sont science, par où la vertu parailtrait pouvoir s’enseigner… Protagoras, de son côté, commence par poser que la vertu s’enseigne, et puis semble se donner beaucoup de mal pour affirmer que la vertu est toute chose plutôt que science ; alors elle ne s’enseigne pas !. » C’est donc que certaines difficultés, soulevées au cours du dialogue, n’ont pas été résolues ; ces difficultés sont celles relatives à la solution du problème de l’unité de la vertu ou de la pluralité des vertus: problème agité déjà dans de courts dialogues de jeunesse,