Lachès
crainte, c’est le mal futur; ce qui n’est pas objet
de crainte, c’est le bien futur: le courage est donc
science des biens etdes maux futurs. Mais la science ne fait pas acception des temps : qu’un bien, ou un
mal, soit passé, présent ou futur, il est, pour la
science, un bien, ou un mal, et rien davantage. Le courage est la science du bien et du mal purement et simplement !, c’est-à-dire est identique à la vertu prise en général. Tant que nous considérons le courage dans sa spécialité, nous ne pouvons le définir ;
dès que nous le définissons, la marque spécifique
nous en échappe.
En est-il autrement de la σωφροσύνη, mot à la signi-
fication complexe, qui désigne le caractère modéré
et réfléchi? Le contraire de la σωφροσύνη, c’est Ἰ᾿ἀφροσύγνη ; le contraire de la réflexion, c’est l’irréflexion. Or, un contraire n’a qu’un contraire, et non
deux ; le contraire du lourd, c’est le léger, et seule-
ment le léger. Mais l’&specivn est le contraire à la.
fois de la σωφροσύνη et de la σοφία. Donc la σωφροσύνη est identique à la σοφία. La σωφροσύνη n’est pas la tempérance, vertu spéciale parmi d’autres vertus, elle est identique à la sagesse, σοφία et φρόνησις ?, elle est la réflexion en ce sens nouveau. Telle est, dans le Protagoras, la forme à la fois résumée et indireste