‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 114 sur 276 · Charmide, 164 d, sqq · texte numérisé non relu

Charmide, 164 d, sqq

vertu est une, et réside dans la sagesse. Or, dans le Phédon, Platon a bien établi l'importance de cette réduction de la pluralité des vertus à une seule. Les vertus vulgaires, « ce que l’on appelle le courage ! », οἱ « la vertu couramment appelée σωφροσύνη * » sont contradictoires, ou absurdes (ἄτοποι). Car elles consistent, par définition, dans une mesure des plaisirs et des peines, dans un échange de plaisirs moins grands contre des plaisirs plus grands, des peines plus grandes contre des peines moins grandes. C’est donc par crainte de la douleur que le courageux brave la douleur ; il est à la fois et sous le même rapport lâche et courageux. C’est par goût des plaisirs que le tempérant résiste à l'attrait des plaisirs ; il est à la fois et sous le même rapport tempérant et intempérant. L'éducation scientifique et rationnelle ne peut done avoir pour fin de développer une vertu dont l'essence est contradictoire ; elle consiste bien plutôt dans la critique de la conception commune de la vertu. « L’échange qui donne la vertu n’est pas plaisirs contre plaisirs, peines contre peines, crainte contre crainte, le plus petit contre le plus grand, comme monnaie contre monnaie; mais la seule monnaie contre laquelle il faut échanger tout cela, c’est la sagesse * ». En d’autres termes, ce que

Page 1