‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 118 sur 276 · Lysis, 212 a, sqq · texte numérisé non relu

Lysis, 212 a, sqq

n’est « philosophe », ami de la science, dans cette hypothèse, si la science ne l'aime en retour ; — ou bien cette réciprocité n’est pas nécessaire, l'ami c’est soit le sujet aimant, soit l’objet aimé, mais seulement l’un ou l’autre: mais alors on aboutit à cette proposition absurde que l’ami peut être ami de l'ennemi, et l'ennemi ennemi de l’ami. Dans les deux hypothèses, la conception commune de l'amour, ou de l’amitié, est une conception contradictoire.

Mais voici ce qui fait vraiment insurmontable la contradiction de la relation du sujet et de l’objet dans l’amour ‘. Entre ces deux termes il doit y avoir similitude, ou dissimilitude. Or, s’il y a similitude, on arrive à cette conséquence que le mal attire le mal, que le méchant aime le méchant. Pour échapper à cette absurdité, fera-t-on observer que le mal est pure dissimilitude, dissimilitude par rapport à soi et par rapport à l’autre ? Dira-t-on alors que le bon aime le bon, que le bien attire le bien ? Mais le bien est, par définition, suffisance ; le bien, en tant que bien, se suflit à lui-même; et, comme là où il n'y a pas manque, il n’y ἃ pas amour, l’amour ne fait pas partie de la nature du bien. — Faudra-t-il alors admettre que le dissemblable aime le dissemblable ? Le juste est donc l’ami de l’injuste, le tempérant de l’intempérant: ce qui est absurde.

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