‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 12 sur 276 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

titude (ὁ δι᾿ ἀχριδείας ἀληθὴς λόγος), déclare que, tant que de deux termes l’un est différent de l’autre, il est impossible que, l’un devenant en l’autre, 115 soient à la fois un et deux! » : argumentation qui approche singulièrement de celle du Parmémde, où peut-être même il serait permis de chercher une clef pour l'intelligence de ce dernier dialogue. Tant d’analogies autorisent à. identifier le principe de ce qu’Aristote appelle le raisonnement exact avec le premier principe, ci-dessus énoncé, de la méthode platonicienne. « Telles sont, est-il dit dans le Parménide, les conclusions absurdes, entre d’autres, qu'il faut admettre, en partant de l'hypothèse des idées *. » L'esprit doit se mettre d’accord avec ses propres hypothèses, ou les rejeter; il ne doit pas admettre la contradiction : ainsi peut s'énoncer le principe du raisonnement exact. Aussi comprend-on que ce raisonnement aboutisse en

général à des conclusions négatives, dans le Parmé-

nide et le Timée, et, par suite, qu’Aristote ait, dans

sa polémique contre l’idéalisme platonicien, attaché

tant de prix à ces arguments, puisque, grâce à leur caractère négatif et critique, 1l pouvait emprunter à

Platon même sa discussion du Platonisme. « L’argu-

ment des sciences », « l'argument exact », ce sont

les deux expressions, empruntées sans doute elles-

mêmes à Platon, dont se sert Aristote pour désigner 1. Timée, 52 c.

2, Parménide, 134 e, 135 a.

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