‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 120 sur 276 · Lysis, 220 ὃ, sqq · texte numérisé non relu

Lysis, 220 ὃ, sqq

par l'effet de (4) la présence du mal. Done, si le mal est supprimé, il n’y a plus de désir, partant plus de bien. Le bien, pris absolument et en soi, n’est plus bien par rapport à soi, mais par rapport au mal. — Ou bien ‘dira-t-on que le désir n’est pas plus le mal qu'il n’est le bien, et qu’il suffit de sa présence pour que quelque. chose soit aimé comme un bien *? Alors le bien n’est tel que parce qu'il est aimé ; l’ami n’est ami que par rapport au désir, et « le désir est la cause de l’amour ». Mais dès que nous voulons définir le rapport de l’amour à l’objet aimé, nous retombons dans les difficultés du début ; ce rapport, ne pouvant être défini ni comme un rapport de similitude ni comme un rapport de dissimilitude, est absolument indéfinissable.

Les discussions du Banquet et du Phèdre ne font que reprendre, sous une forme plus développée et moins énigmatique, l'argumentation du Lysis, telle qu'elle vient d’être résumée.

Les convives du Banquet célèbrent les louanges de l'amour *. L'amour est un dieu qui ἃ pour attributs toutes les beautés et toutes les vertus ; il est juste?, car 1i emploie la persuasion, non la force, — tempérant et courageux‘, car l'amour, pour en venir

. Lysis, 221 ὃ, sqq.

. Banquet, depuis 178 «a jusqu’à 198 a.

. Banquet, 196 ".

. Banquet, 196 c d.

à ses fins, sait supporter la douleur et résister aux plaisirs, — savant, car il est l'inspirateur de toutes . les sciences. Mais Socrate ἢ fait observer qu'avant de

Jouer l'amour, et afin de savoir s'il mérite la

louange, il faut avoir défini l'amour. Or, l'amour . n’est pas un absolu: il est relatif à une fin et à un + objet extérieurs : il est désir de ce qu'il aime. Mais 1 on ne peut à la fois posséder et désirer un objet: le désir implique la privation. D'ailleurs, l'amour E est désir du beau, ou du bien. Donc ni le beau ni . Je bien ne sont des attributs qui conviennent à l'amour. C'est une proposition du Lysis : il ne faut pas confondre l'ami avec l'aimé, l'amour avec l'objet de l’amour.

Le Phèdre débute, au contraire, par une diatribe contre l'amour. Phèdre lit à Socrate une dissertation du rhéteur Lysias*, dans laquelle ce thème est développé, qu'il vaut mieux céder aux instances de celui

qui n'aime pas que de celui qui aime. Car l'amour est une puissance irréfléchie, à laquelle on s'aban- donne par nécessité, non par volonté, — une maladie et une folie, de l'aveu de ceux-là mèmes qui aiment. Celui qui aime est égoïste dans son amour : il vise non pas au bien, mais à la simple possession de . celui qu'il aime. Et Socrate, après Lysias, reprend

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