Phèdre, 230 e, sqq
ce thème sous la forme plus rigoureuse de l'argumentation philosophique", en prenant pour point de départ une certaine définition de lamour, et en convenant « d'appeler amour le désir non accompagné de raison qui l'emporte sur le jugement à la direction droite, et cède à l'attrait sensible de la beauté? ». Mais cette définition est incomplète et mauvaise, elle tend à faire envisager l’amour comme un état spécial, anormal de la nature humaine, alors que l'amour est, tout au contraire, le phénomène psychologique fondamental : « tous les hommes aiment. » C’est ainsi que le mot ποίησις ἃ commencé par signifier toute cause qui fait passer
du non-être à l’être et n’a été réduit qu’ensuite à la
signification étroite de création poétique ; de même l'amour, qui est, d’une façon générale, le désir du bien, a fini par ne désigner que l'attraction exercée par la beauté physique : on n’appelle pas amoureux ceux qui aiment les affaires, les exercices du
ymnase, ou l’étude*. On peut donc bien distinguer ) ᾽ 8
provisoirement dans l'âme deux espèces « maîtresses et dirigeantes », qui tantôt s'accordent, tantôt entrent en désaccord, et qui sont « l’une le désir inné des plaisirs, ou amour, l’autre le jugement acquis, qui tend au bien‘ ». Plus profondément le désir du