Phèdre, 237 d
plaisir et le jugement qui vise au bien ne sont que deux noms d’une seule affection fondamentale, qui est l'amour. Peut-être l'amour est-il une folie; mais « l'idée de folie n'est pas une idée simple », il y ἃ une folie qui nous vient des dieux". Car si l'amour n’est pas le bien, il ne s'ensuit pas pour cela qu'il soit le mal : il se peut, comme la remarque en était faite dans le Lysis, que sa nature soit intermédiaire entre le bien et le mal, qu'il ne soit ni bon ni mauvais. Un dieu, un être purement raisonnable ne désire pas la science, il la possède ; un ètre absolument déraisonnable ne la désire pas non plus, car il ignore qu'il ne la possède pas. La philosophie, l'amour de la science est donc nécessairement un état intermédiaire entre la raison pure et la pure déraison. De même le jugement droit n'est pas l'erreur, puisqu'il tombe juste et rencontre la vérité, mais n’est pas non plus la science, puisque ce qu'il contient de vérilé n’est qu'une coïncidence non fondée en raison *.
Le point de vue de l'amour est identique au point de vue du jugement, de la 2:5z.
Voici done à quelle difficulté nous aboutissons : l'opposition entre le point de vue de la croyance subjective, simple état d'âme * qui peut ètre vrai ou
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