Banquet, 201 e, sqq
3. πίστις. L'opposition irréductible est finalement entre la πίστις et l'ériortun, la croyance et la science, — en d'autres termes entre la rhétorique, dont l'objet est de persuader, et la dialectique, qui veut
faux, mais ne porte pas avec lui la marque de sa vérité, et le point de vue de la vérité objective ou
de la science. On ne peut donc se borner à l’opposition, signalée plus haut, entre la science pratique, appliquée à la production du fait sensible, et la science théorique, qui consiste dans l’accord logique, dans la non-contradiction des croyances et des jugements. Car la science, ainsi entendue, comme un système d'états d’âme, de phénomènes subjectifs, n’est pas encore la science vraie, fondée objectivement. À la δόξα, jugement subjectif ou apparence, il arrive sans doute que Platon oppose, d’une façon générale, la pensée systématique, la νόησις !. Mais dans la νόησις elle-même il faut distinguer deux formes de connaissance. L’une procède bien par liaison systématique, mais elle prend pour accordées certaines « hypothèses », certaines données qui demeurent inintelligibles comme elles sont inanalysées. L’autre au contraire cherche à comprendre, à déduire et à relier systématiquement ces principes eux-mêmes, qui apparaissent dès lors non comme primitifs, mais comme
démontrer. Le mot de πίστις est emprunté à la langue technique des rhéteurs. V. Phèdre, 266 d,sqq., énumération des parties du discours oratoire : προοίμιον... πρῶτον... δεύτερον δὲ δὴ διήγησίν τινα μαρτυρίας τ᾽ ἐπ᾽ αὐτῇ, τρίτον τεχμήρια, τέταρτον εἰχότα " χαὶ πίστωσιν οἶμαι καὶ ἐπιπίοτωσιν λέγειν τόν γε βέλτιστον λογοδαίδαλον Βυζάντιον ἄνδρα (Cf. Lois, XII, 943 c). De même τὸ πιθανόν : cf. Phèdre, 269 c ἃ; Théétète, 118 e; Sophiste, 222 d; et Gorgias, 493 a.